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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 16:52

 

Dans mes mains un livre ouvert :

 

Le handicap par ceux qui le vivent

Sous la direction de Charles Gardou

Erès. Reliance 2009

 

Mon livre est ouvert au chapitre

 

Libres et égaux, sur le papier

Par Elisa Rojas

 

Ce texte d’Elisa Rojas, avocate au barreau de Paris est le fruit d’un entretien avec Pierre Dutreil, rencontrée à l’occasion de l’émission arrêt sur images (FR5), où celle-ci a travaillé de 2004 à 2007. Elisa Rojas est atteinte de la maladie dite des « os de verre ». En 2004, elle a publié un article critique relatif à l’émission du Téléthon publié dans le Monde et le Nouvel Observateur.

 

Elisa Rojas s’exprime sur les points suivants :

 

Ce que dit Elisa Rojas :

 

Les difficultés des handicapés sont essentiellement provoquées par un grave dysfonctionnement de notre société, qui ne prend pas correctement en compte les situations de handicap. Les difficultés des personnes en situation de handicap sont liées à l’indifférence et à l’individualisme prôné par notre société. Elles sont le fruit de la mauvaise volonté de tous. L’essentiel est d’apprendre à vivre avec son handicap car le handicap ne réduit pas l’existence au néant. Bien au contraire. Il n’est pas du tout incompatible avec le désir de vivre et de faire des projets

 

MAIS

 

Les difficultés essentielles liées à la façon dont la société aborde le problème des handicaps quelque ils soient est principalement un problème d’accès : accès à l’éducation, à l’emploi, aux loisirs, à une vie sociale, parmi les autres ; également accès aux infra structures ; Tout cela crée d’immenses contraintes sur tous les plans et privent les personnes en situation de handicap de leurs droits fondamentaux.

Une autre difficulté est le regard des personnes valides qui les situe dans la plainte et la frustration qui font d’elles des personnes limitées et en charge de leur entourage, les inscrivant dans une relation manichéenne de misère ou de plainte, entre pitié ou admiration. alors qu’elles sont comme tout à chacun sur « la tranche »

Ce qui est à souhaiter pour les personnes en situation de handicap ce n’est pas la normalité car à tout prendre qu’est-ce que la normalité, mais la banalité :

 

Un autre point important pour Elisa Rojas est de bien se situer dans les préjugés qui souvent pourraient altérer son identité. Elle classe ces préjugés en trois catégories :

 

Ce qui reste à affirmer c’est le droit à sa singularité identitaire :  le handicap ne doit en aucun cas effacer ses origines, son sexe, sa situation sociale Elle regrette vivement que le handicap efface ce qui fait son identité dans sa globalité et elle déplore l’importance démesurée de son handicap dans son expression de femme. Car dit-elle aussi, le fait d’être femme souligne encore son handicap dans le rapport à la sexualité et à la séduction, comme si on ne pouvait l’aimer avec la singularité de son handicap. Il y a là dit-elle tout un travail d’invention à faire et de redéfinition de la femme à construire et à élaborer.

 

Son handicap lui a permis un grand travail d’adaptation et une meilleure connaissance des êtres qui l’entourent, lui a appris à gérer ses inquiétudes, ses émotions, à négocier avec le regard des autres.

 

Enfin et surtout le principal problème est celui de construire l’égalité et la citoyenneté entre valides et moins valides. Sortir du choix de l’institution pour se mêler aux autres, sortir de cette liberté sur papier mais de la si grande et si scandaleuse discrimination dans la vie,

ce qui signifie droit

 

Le débat sur le handicap affirme-t-elle est une  question politique, une question de choix de société. Il faudrait en finir avec ce mythe du bonheur où tout le monde est riche, beau et en bonne santé, dans un monde uniforme et uniformisé.

 

Une société ou le pluriel du verbe exister reste à construire dans le fil des lois mais aussi dans  le fil des mentalités à bousculer mais surtout dans les cœurs. La citoyenneté est certes une histoire de lois, on ne le répètera jamais assez, mais si la citoyenneté est une histoire qui s’écrit sur le  papier et dans la cité elle est aussi une histoire de respect de l’autre. Quelque soit l’être au monde de celui qui vit sa vie d’humain,  laissons le rentrer dans la ronde. MJC

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Marie-José Colet - dans femmes
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