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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 19:49

 

Noèmie ne peut parler alors elle écrit ses mots de l’intérieur de son corps. Noèmie aimerait ne pas avoir de corps, ce corps de douleurs, ce corps si différent de celui des autres.

Je connais peu Noèmie, je ne l’ai rencontrée qu’une seule fois mais j’ai aimé son sourire, son visage perdu derrière ses cheveux raides, son visage si difficile à atteindre par le mouvement incliné de son cou. J’ai trouvé Noémie jolie. Je lui ai demandé un de ses poèmes et elle m’a répondu ce qu’elle me répondrait toujours par la suite  « Bien sûr ! » ? Noémie a un don d’écriture et de générosité. Voilà ce que je voulais dire pour la présenter.

Son écriture est sa liberté, son envol vers les autres, son introspection à l’intérieur d’elle-même. Elle est  mouvement. Avec ses mots elle voyage.

Je l’ai rencontrée à Montpellier, lors d’une journée d’études avec Charles Gardou pendant là quelle il a été lu deux de ses poèmes que j’ai vraiment beaucoup aimés et que vous pouvez retrouver sur mon blog (Adelphité). Je suis allée vers elle et nous avons fait connaissance. Faire connaissance est toujours un moment précieux.  Depuis, elle m’envoie ses poèmes et moi, la curieuse, j’ai surfé sur Internet. Je vous conseille de faire comme moi. Saisissez sur Google « Noémie Aulombard, » imprimez ses poèmes et vous aurez une jolie brochure de plus de soixante pages.

Avec vous, je la lis, émue. Emotion d’une belle écriture qui se fait cadeau, une écriture ronde et douce, une écriture de solitude, une écriture déchirée par la souffrance d’un corps qui résiste à la vie, qui ne peut suivre une âme de dentelle, une âme délicate et tendre. Une âme de 20 ans.

D’abord, son rapport à la feuille blanche, cette feuille blanche de tous les écrivains. Elle veut devenir écrivain et le deviendra. Elle est en Khâgne, passionnée de savoir, pleine de ses livres tout autant que de poésies, les siennes, celles des autres. Elle est talentueuse et travailleuse. Elle travaille les mots de tous, elle travaille ses mots. Des mots qui la font voyager dans le coeur des autres qui parfois lui font peur. Elle préfère les livres que les humains parce que les livres on peu les amadouer, les humains non, trop souvent maladroits avec elle, la plongeant dans la grisaille de sa solitude. Alors vient le temps de ses poèmes et de ses mots bleus et blancs, de ses mots à elle, de ses mots sortis d’elle, comme de son ventre, ses mots qui la font rêver et la libère du dur labeur d’être humaine. Je crois que c’est ce que j’aime tant dans son écriture : ce mouvement de liberté et d’envol, ce mouvement d’éternité et de silence dompté.

Son deuxième poème s’appelle « A demi-mots » et il est dédié « Aux épaules sur lesquelles je dépose mes idées noires et multicolores ». Encore quelque chose que j’aime dans son écriture : souvent l’autre bienfaisant, l’autre d’amour pour accueillir son âme prise au creux d’une solitude noire et d’émerveillement coloré. C’est cela vivre et Noémie sait nous le dire, sait l’écrire. Une leçon d’être. Elle n’est jamais brutale avec sa douleur, elle se sait « statue de rubis « , elle se sait précieuse de la vie qu’elle contient et qui la contient.

 

« Jamais brutale, jamais brusque

La confiance arrive calmement

Mois après mois, de stuc

La statue s’est dessinée

Belle comme un diamant

Patiemment sculptée »

 

Puis soudain se creuse le désespoir qui l’assaille et la piétine, elle la si douloureuse

 

« Je ne suis pas vivante

   Je suis morte »

 

Et le ciel devient noir « et crache une poussière liquide sans lumière ». J’aime ce poème de feu noir et luisant , oui je l’aime mais comme j’aimerai que vous ne l’ayez pas écrit, car c’est du pur chagrin que peut-être vous nous livrez là, Noémie

 

Oh ! que non vous n’êtes pas morte Noémie avec tous ces mots de révolte et de douceur que vous portez en vous  et qui éclaboussent vos poèmes. Des mots miroir de votre « âme du miroir » de ce miroir qui soudain ne vous reflète plus. Par votre solitude vous vous êtes perdue de vue. Heureusement l’écriture est là et vous retrouvez votre âme par votre regard retrouvé sur votre corps en détresse

dont vous dîtes que vous ne l’aimez pas, dont vous aimeriez vous passez parce qu’il n’est que douleur mais pourtant il enveloppe votre âme d’artiste, si créatrice, si intelligente. Vous savez vous asseoir et méditez sur votre intériorité,

sur nos extériorités, légèrement bercée par des sonates de Beethoven que vous aimez tant quand elles s’installe dans votre corps enfin réconcilié avec vous même, vous vous laissez portée par ses accords « comme des poinçons qui transpercent l’âme » ? C’est cela votre écriture Noémie, de belles images fortes qui traversent notre sensibilité penchée sur ce don que vous nous offrez.

Je lis encore votre jolie nouvelle si généreuse et si attentive sur l’exil dans « L’ailleurs du printemps », je lis aussi votre nouvelle historique, « Maximilien » qui dit l’engagement de l’homme quand il s’appelle Robespierre, diversité étonnante de votre talent qui saisit en plein vol le papillon, la larme de l’exilée ou la colère de Robespierre.

Je relis La frontière de l’ennui que j’aime tant et que j’ai déjà posé dans mon blog pour la faire découvrir à mes lecteurs. Quand les paupières se ferment pour inventer votre rêve et celui que vous avez tant aimé ou que vous aimez tant, celui là qui traverse plusieurs de vos poèmes. J’aime tant ce prénom de Frontière qui dit la délicatesse de la femme, frontière entre elle-même et les autres. Oui, je m’appelle Frontière, comme vous Noémie, Frontière avec les autres, frontière avec le silence et la nuit, frontière de lumière...

Puis j’ai lu avec attention  vos « Chemins en prose » de Juillet et août 2009 qui vont faire l’objet d’une publication. Bravo ! bravo pour votre tristesse domptée, pour votre peut-être manque nommé, transformé en mots , pour votre chagrin sublimé.

 

Oui, vraiment, j’aime votre écriture Noémie et j’admire votre création surgit de votre humanité. Je n’ai pas envie d’écrire j’admire votre courage mais j’écris j’admire votre talent de jeune femme sensible, à la frontière de votre sensibilité et de votre savoir des mots, des autres, des livres.

 

Continuez à me faire parvenir vos poèmes, je les ferai découvrir à d’autres et ensemble, je l’espère nous vaincrons votre solitude, nous vaincrons ce corps que vous détestez tant et nous vous le ferons aimer parce qu’il est aussi vous, et  grâce à votre talent, à votre intelligence, nous serons moins seuls, en tout cas moi.

 

Oui, Noémie, j’aime votre belle écriture quand elle se fait poèmes et nouvelles,

pensée et pensées, instantanés et durabilité mais surtout quand elle se fait vous. Quand elle se fait nous en quête de l’humaine douleur dans sa sublimation poétique.

 

A bientôt et bon courage pour cette difficile année de Khâgne ! MJC

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Published by Marie-José Colet - dans femmes
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