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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 15:59

 

 

Madame, je veux apprendre à lire ! est une invite à découvrir mes ateliers de lecture pour permettre aux lecteurs d’en créer à leur tour. Vous trouverez plusieurs ouvertures. Il est recommandé bien sûr d’en faire une première lecture linéaire pour saisir la cohérence de ma pensée mais des lectures ultérieures peuvent ne pas être linéaires permettant ainsi d’approfondir un domaine plutôt qu’un autre et de reconstituer soi-même sa propre lecture. J’aime à reprendre la métaphore de PEREC dans la Vie Mode d’Emploi quand il compare l’auteur à un poseur de puzzle et qu’il invite le lecteur à faire le puzzle. Ces ouvertures sont les pièces du puzzle. Libre à chacun de le constituer et de réinventer ainsi son texte, son puzzle. C’est ça lire.

 

Ces différents accès au texte donneront également une possibilité de créations nouvelles et de constituer alors un vrai "Mille-feuilles", mille feuilles émanant des créations et des recherches de chacun. Ce document se veut la première étape d’une recherche commune ouverte à des chercheurs de terrain, selon l’expression de Jacques FIJALKOW, oeuvrant pour un mieux être par la lecture.

 

Dans la première partie, je livre mes Chemins de lecture. Ecouter, lire, suppose, aussi et surtout, d’avoir été un jour à l’écoute de soi-même et de ses propres livres. Savoir comment on est venu au monde de la lecture, comment on renaît par les livres, par "nos livres" est essentiel.

La pratique est une forêt d’instants, de passions mais aussi d’écueils, d’inquiétudes, de difficultés. Comme le Petit Poucet, pour ne pas se perdre dans cette forêt, nous devons semer les cailloux blancs que constituent nos propres lectures, nos propres repères. J'invite les lecteurs à prendre le temps d’écrire cela et de semer leurs cailloux. A mon sens tous ceux qui souhaitent s’engager dans la mise en place d’ateliers de lecture doivent faire l’effort de ce travail-là d’écriture de leurs repères. Si cette exigence n’est pas satisfaite il y a risque potentiel de s’y perdre ou d’y perdre ceux qu’on écoute.

 

Ainsi dans cette première partie, je livre au lecteur mon cheminement, mon enfance de livres, ma solitude vaincue par les livres, mes expériences identitaire et citoyenne qui m’ont faite être au monde, lectrice.

 

Dans la seconde partie, je présente mon savoir des ateliers inscrits dans leurs deux temps essentiels d’identité* et de citoyenneté**. Je nomme aussi les postulats de ma pratique.

Cette partie peut être difficile à lire pour certains, trop simple pour d’autres mais elle est essentielle. Je veux souligner combien les ateliers de lecture ne sont pas une technique d’animation mais un lieu et un temps de médiation pour des rencontres avec des personnes souvent en souffrance, en attente d’un mieux être et trop souvent exclues.

Par respect pour ces personnes, par respect pour les livres partagés, nous nous devons d’une double exigence : une exigence d’intériorisation*** et d’un réel travail sur nous-même quel que soit le chemin envisagé et une exigence de références théoriques associées au chemin choisi. Nous nous devons de penser ce que nous faisons dirait Hannah Arendt. Penser ce que nous faisons pour toujours mieux l’exprimer avec des mots de tous les jours mais aussi des mots de connaissance et de savoir, d’histoire de l’humanité pour dire et entendre la difficulté d’exister.

Ecouter, lire, c’est écouter l’autre quand il dit j’existe, je parle mes joies ou mes souffrances, je lis ou j’apprends à lire.

 

Cette exigence d’une réflexion théorique et livresque a toujours été mienne et le sera toujours. J’ai voulu m’inscrire dans la trame symbolique constituée des pensées des autres pour penser avec les autres.

 

Dans la troisième partie, je m’attache plus particulièrement au Vécu des ateliers à partir de mon journal de bord et en regard des intentions de mon travail.

 

Je présente également un déroulé type des ateliers si toutefois un tel déroulé type existe. Je mets une fois encore le lecteur en garde contre l’idée qu’il existerait une technique d’atelier de lecture. C’est pour cette raison que j'ai choisi de ne pas mentionner une durée pour chaque séquence. Un atelier de lecture cela s’invente à chaque fois, en fonction des livres et des sensibilités exprimées le jour de l’atelier. Il est essentiel de ne pas confondre repères indispensables et techniques.

Ainsi dans cette partie j'indique mes supports de travail mais j'invite chacun à constituer ses propres supports en fonction des désirs de lecture des formateurs ou animateurs et des lecteurs. Les supports des ateliers sont la terre où poussent les ateliers et cette terre doit être meuble, friable, labourée par tous les auteurs, pour lui donner une dimension d’universalité, de richesse qui puisse satisfaire une pluralité de lecteurs. Là encore ne pas confondre repères et technique.

 

Dans la conclusion, sagement comme à l’école, je reprends les différents temps du travail, je les synthétise et je vous dis au revoir pour mieux vous retrouver dans un travail partagé que je souhaite fécond.

 

Enfin, j’ai relu l’ensemble du document et l’utilisation d’un certain nombre de mots m’a paru complexe, difficile. J’ai écrit intuitivement du lieu de mon savoir universitaire et de terrain, du lieu de mon identité*, du lieu de ma vie de femme. Mais à la relecture, donc, il m’est apparu indispensable de m’arrêter, de réfléchir, d’approfondir l’utilisation de certains mots.

 

Les mots peuvent être aussi des outils conceptuels que nous devons manier avec prudence, avec intelligence. Je me réfère une fois de plus à Hannah HARENDT, que je considère comme ma mère spirituelle, qui dit si bien le danger de ne pas penser, le danger de trop penser et surtout de penser dans sa tour d’ivoire de chercheur. Je me suis toujours identifiée comme chercheuse de terrain, je me suis toujours appliquée à ne pas travailler seule, à être toujours à l’écoute d’autres chercheurs de terrain ou non. Je me définis comme fervente autodidacte et c’est dans cette identité d’autodidacte que j’ai puisé mes mots pour Madame, je veux apprendre à lire ! Mais une autodidacte n’est pas une scientifique rigoureuse, loin de là ! C’est pour cette raison que je ne me suis jamais autorisée à faire des synthèses conceptuelles et pour cette même raison j’ai lu, à voix haute devant vous, mes livres, je les ai cités abondamment, essayant d’être respectueuse des auteurs. La citation est un art difficile que j’ai acquis au fil des ans. J’ai travaillé avec mes outils de toujours : la lecture et l’écriture. (MJC)

 

 

 

 

* Glossaire (p. 68)

** Glossaire (p. 68)

*** Glossaire (p. 69)

* Glossaire (p. 68)

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