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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 19:00

Miaou ! Miaou !

 

J’ai deux petits chats que j’adore : Grisou et Pacha et j’aime les entendre miauler.

Rémy Puyuelo et Marcel Druhle dans l’éditorial d’Empan N° 74 nous encouragent à aboyer avec Mandela et les autres. D’accord pour Mandela et les autres mais moi, je préfère miauler. Chacun sa sensibilité pas vrai ?

 

Ce que je veux dire c’est que dans mon blog je veux miauler mon utopie comme moteur de nos recherches à tous. Ce que fait Empan d’ailleurs par son écriture toujours belle et rigoureuse, par ses articles variés mais toujours orchestrés autour d’un dossier avec une seconde partie, coordonnée  par Paule Sanchou qui donne un air de liberté au N° sans oublier ses précieuses notes de lectures autour de livres ou revues.

 

Aujourd’hui, je vais miauler gentiment autour de ce N°74, intitulé « Accompagnement et lien social. » Je dis bien miauler car je suis un peu triste. Je suis à la retraite et la lecture de ce N° me l’a fait cruellement sentir. J’aurai aimé le lire dans le cours de mon activité. Vous l’aurez deviné, des années durant, j’ai occupé un poste d’accompagnatrice sociale. Comme ça, sans repères et  sans boussole ; c’était difficile. Heureusement, sur mon bureau, j’avais tours Empan !

 

Ce Numéro est une route balisée.

 

D’abord une utopie  dans le sens splendidement noble du terme  qui évoque des idées comme des soleils pour dire que c’est possible de vivre et de travailler ensemble ; ça s’est l’esprit d’Empan. Utopie d’Aimé Césaire qui se disait « Solitaire et Solidaire », un peu comme Camus qui n’en sortait de l’absurde que par la Solidarité. Et moi, je miaule avec eux, seule et solidaire j’avance dans mon écriture et dans mes lectures, aujourd’hui celle D’Empan 74.

Pour accompagner, il faut l’apercevoir cette solitude de l’autre mais il faut en être solidaire ; ça c’est la première balise.

La deuxième balise, elle est plus lourde à vivre et pourtant incontournable, c’est le cadre institutionnel et financier dans lequel s’inscrit « nos accompagnements » ; Alors là, du temps où je travaillais, qu’est-ce que je miaulais ! Je me souviens même avoir accroché une montre chronomètre à mon cou, montre que je faisais sonner toutes les heures pour souligner l’exécrable  visibilité de mon travail. Je ne supportais pas de « compter mes heures et mon temps » de la façon obsessionnelle qu’on exigeait de moi. Bref, je résistais à ma pauvre façon de chatte solitaire sur le toit brûlant des institutions. Je refusais d’être exagérément décentrée de mon travail. J’ai retrouvé avec plaisir ce questionnement dans le premier article au titre humoristique : « Vous avez dit « Accompagnement ? Yes, We can !  Réally ? » Marcel Druhle, Madeleine Lefèvre, Rémy Puyuelo, tous trois coordonnateurs de ce numéro plantent ainsi le décor de ce qui fait l’humanité d’accompagner l’autre  et de ce qui fait le  labeur de l’inscription de l’acte dans l’éternelle et incontournable trace de l’argent qui compte qui compte dans un décompte, d’une certaine façon nécessaire mais rendu ces derniers temps trop  impitoyable et parfois pouvant pervertir le travail des accompagnateurs. Bien repérer les deux dimensions dans une balisage sérieux. Fin du prélude.

 

Le rideau s’ouvre sur le premier acte :

 

L’accompagnement : approches théoriques

 

Jean Foucart, Lise Demailly, Lin Grimaud, Christelle Laporte, Anne-Marie-Rajon sont au travail et arpentent de la scène de leurs mots créateurs, de leurs questions qui inventent  des pratiques difficiles. Du théorique comme des arcanes indispensables à l’acte d’accompagner. :

 

accompagner avec l’accord de l’autre

analyser la relation, sa loi, ses contrats,

analyser processus et résultat de l’accompagnement

un tableau pour nommer les registres de l’acte d’accompagner : intervention, valorisation, droit d’ingérence pour aider

analyse du terme de projet, de l’adjectif « thérapeutique », analyse de l’existant.

 

Durant cette partie, je lis sagement la mise en place de ces concepts essentiels pour comprendre ce que accompagner veut dire. Durant toute ma vie professionnelle, j’ai miaulé, trop souvent sans être entendue, pour dire la nécessité d’asseoir nos pratiques sur des concepts théoriques solides, sinon au premier à-coup notre chaise se casse dans un bruyant empirisme !!!

 

Bravo à eux qui ont su nommer ce qu’était l’accompagnement, ses registres, ses ambigüités, qui on su dégager l’humain de ce travail difficile aux contours fluides, trop fluide souvent et qui on su vaincre d’emblée cette fluidité en introduisant leur travail par des revues spécialisées et des livres, comme j’aime ! Je  mets ces livres dans mon sac à dos et je passe à la deuxième partie de la randonnée :

 

Accompagnement individuel et accompagnement collectif/

 

Nous marchons sur le chemin avec : Jean Pascal Echivard, Jean-Claude Arevalo, Céline Soupène, Anne-Lyse  Horiot, Céline Caujolle, Geneviève Ramarosaona, Jean-Luc Zabraniecki, Elisabeth Vergé, Philippe Rocques, Françoise Antoine, Jean-Marc Gauthier, Françoise Boudou-Orliac, isabelle Belbèze, Henri Gomez, Michel Vignes, Maryline Mariotti, Patrick Serrano, Christophe Carpentier, Agnès Suc, Maryse Pervanchon.

 

Ils sont nombreux sur cette route là. Tant mieux ! Je suis une chatte très sociable ! Miaou ! Miaou !

Il fallait ce chapitre car il est vrai que l’accompagnement c’est parfois le face à face mais c’est aussi le groupe de parole. Le temps et les ressorts n’en sont pas les mêmes mais restent commun ce parcours du savoir de l’autre pour permettre l’expression de la solitude pour mieux la dépasser, pour mieux s’y retrouver « Humain » d’être avec tous. Un parcours à baliser d’expériences concrètes, de réflexions intimes, de doutes, d’interrogations, bref des pratiques passionnantes. Je ne peux les résumer, ce serait les réduire. Mais il faut les lire, s’en imprégner pour interroger les siennes propres. C’est cela l’utopie aussi : l’expression des autres me permet de m’exprimer et de travailler. L’expression de tous m’accompagne dans mon chemin et contourne ma dérive. Cela aussi, je l’ai miaulé bien souvent !

 

Enfin dernière partie de ce dossier :

 

Tutelles et accompagnement

 

Ont  planché : Catherine Monnier, Christelle Damour, Catherine de Béchillon, Monique Végas, Ségolène Petite, Martine Calmes, Delphine Gardes.

 

Dans cette partie, j’ai lu un article intéressant sur le sujet difficile mais intéressant sur le bénévolat dans ses aspects juridiques. A lire pour s’éclaircir les idées sur un thème trop souvent immédiat et rongé d’empirisme.

 

Je ne veux pas quitter ce numéro passionnant d’Empan, sans insister sur la deuxième partie durant laquelle nous cheminons avec Michel Lévy qui nous parle de Dyslexie, Dysphasie, Hyperactivité, en compagnie de Jacques Loubet dont personnellement j’aime tant les écrits et particulièrement celui là avec sa longue blessure vers Marguerite Duras et son compagnonnage avec Perec.

Il faut signaler aussi l’écho de Jean Margaret Davis au N°71 qui traite de  l’intérêt des interprètes dans l’entretien clinique en psychologie.

J’ai beaucoup aimé aussi, la nouvelle de Patrice Bosc assis dans le hall de la Gare Matabiau que je connais si bien, j’en ai aimé la tendresse et l’humanité.

 

Enfin, j’ai lu toujours avec plaisir les lectures récentes des uns et des autres et c’est une partie-vertige pour moi, lectrice affamée du monde, des autres et de moi-même ! J’aime tant lire, le saviez-vous ?

 

Je veux vous dire que ce que j’aime dans Empan, c’est son aspect coffre-fort. Je n’ai pas toujours le temps de lire intégralement tous les articles mais je sais qu’ils sont là, comme une promesse à venir, une promesse à lire et parfois, je retourne puiser dans toutes ces richesses de sciences humaines et souvent de poésie.

 

Maintenant, je vous quitte, non sans ma petite conjugaison habituelle. Vivre, je le pense profondément c’est conjuguer les verbes de son existence au temps présent. En l’occurrence, je vous propose :

 

Je miaule, tu miaules, il ou elle miaule, nous miaulons, vous miaulez, ils ou elles miaulent et j’ajouterai pour tous ces auteurs si brillants de ce numéro d’Empan et de leur pratique professionnelle  un tendre Miaou ! Miaou ! MJC

 

 

 

 

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Published by Marie-José Colet - dans Empan
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