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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 18:07

Lecture d’un article de Jacques Sémelin :

Du massacre au processus génocidaire

Jacques Sémelin (CNRS/CERI)

Avril 2002

 

J’ai trouvé cet article en surfant sur Google

http : www.ceri-sciences-po.org

 

En vous indiquant ce site, je vous fais un beau cadeau : une multitude de chercheurs au travail dont les titres des travaux me font rêver, moi l’autodidacte si obscure, moi la fourmi presque ignorante en quête d’un savoir pour la paix et les droits de l’homme.

 

J’invite les lecteurs de mon blog à se rendre directement sur cet article très intéressant et surtout d’une grande rigueur intellectuelle.

Par ailleurs, j’invite également mes lecteurs à lire Jacques Sémelin : Wikipédia  et son engagement pour la paix et la non-violence. Cela m’a d’ailleurs donné l’idée  d’ouvrir un nouveau « chantier » de travail, une nouvelle catégorie :  « Des lectures pour la paix. » Je réfléchis encore un peu et je m’y lance !

Mais d’ores et déjà, je vous présente les grandes lignes de cet article que j’ai trouvé passionnant à lire dans son entier.

 

Introduction

 

1. Redéfinir les notions

2. Distinguer les différents processus de destruction des civils : détruire pour soumettre ou pour éradiquer.

 

Conclusion

 

 

Introduction :

 

Rappel important :

Ce terme de « génocide » crée par Raphaël Lemkin, juriste américain d’origine polonaise, institutionnalisé en 1948 sur le plan international par une Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, adoptée par les Nations Unies est d’un emploi difficile ; ses contours, aux enjeux multiples (mémoire, immédiateté et enjeux judiciaires) sont mal définis. C’est donc ce terme que Jacques.Sémelin s’applique à définir dans son article.

 

 Jacques Sémelin donne trois directions à sa recherche :

 

 1° Redéfinir les notions essentielles et poser avec clarté la question du vocabulaire.

 

En effet, l’auteur souligne l’absence de consensus existant sur ce terme de « génocide. » Il insiste donc :

 

a)     Sur la nécessité d’une approche transdisciplinaire et sur l’humilité de notre de démarche de recherche devant l’énigme que constitue la barbarie humaine. Il fait référence aux travaux de Christopher Browning, auteur des Hommes ordinaires (1994) et des travaux de Stanley Migram (1974)

b)    Il souligne la nécessité ces dernières années de « Nommer «  pour « Penser » par la mise en place de nouveaux concepts comme « ethnocide », « démocide », « féminicide », « culturicide », « urbicide » etc.

c)     Il analyse la position du mot génocide au carrefour du droit international et des sciences sociales et cela pose le problème d’utiliser un terme de droit en sciences sociales. Il insiste sur la nécessité pour le chercheur de s’émanciper dans un premier temps du droit pour le retrouver à la fin de sa recherche comme nous le révèlera l’article un peu plus loin. Une telle émancipation permet l’appropriation de nouveaux mots utiles à  la structuration de la recherche.

Ainsi le terme de massacre.

Je veux dire avant d’aller plus loin, la douleur qui est la mienne de travailler cet article mais Jacques Sémelin a eu la force l’écrire pour nous, ayons la force de le lire. L’enjeu en est : asseoir l’humain sur une recherche toujours plus humaine à force d’avoir le courage de « dire » la barbarie ; Le courage de dire et de lire et donc je reprends ma lecture de l’auteur :

Ainsi le terme de massacre. Jacques Sémelin invite à lire ses propres travaux de 2001) : « Penser les massacres »  dans lequel il distingue les massacres de proximité  (face à face) et de distance (bombardements), massacres bilatéraux (guerre civile) et unilatéraux (Etat contre son peuple), massacre de masse (Indonésie 1965, Rwanda 1994, Algérie, Colombie)

 

A la description de ce terme de « massacre » l’auteur va également s’attacher à analyser le processus des massacres  qui sont alors à considérer non exclusivement comme l’acte de donner la mort mais aussi comme un processus organisé de destruction des personnes et de leurs biens

 

Enfin, il mentionne et cela est important le caractère dissymétrique existant entre les agresseurs et leurs victimes. C’est cette dissymétrie là qui à mon avis signe la barbarie même si hélas, mille fois hélas parfois les victimes deviennent à leur tour des bourreaux. La barbarie humaine est là, toujours, comme une bête immonde. (cette dernière phrase est de moi et non de l’auteur mais j’avais le désir de l’écrire)

 

2° L’auteur distingue les différents processus de destruction des civils

 

Jacques Sémelin étudie la dynamique à l’œuvre dans ce processus de destruction parce que penser les choses c’est en saisir leur rationalité comme leur irrationalité.

 

Les massacres ne sont pas des actes insensés ils répondent à des objectifs précis et différents :

  1. Détruire pour soumettre et pour cela  le massacre doit être connu, pour faire peur, pour faire capituler l’ennemi, le plus vite possible

   2. Détruire pour éradiquer  ce que l’auteur nomme la politique du « ôte toi de là que je m’y mette. » Il s’agit de faire « tout disparaître de la terre de l’autre », toutes les portes de sorties sont fermées pour la collectivité, pour le peuple à éradiquer

 

Conclusion

 

Jacques Semelin souligne que la définition du « génocide » qu’il propose ici est différente de celle bien plus large de L’ONU : « Annihilation d’un groupe en tant que tel. » Jacques Sémelin   énonce  trois points de rupture avec cette définition là

 

-         On ne part pas du droit : on étudie d’abord la nature de la violence qui vise la destruction d’un peuple entier et c’est alors qu’on discute de cette approche avec le juriste. Le droit n’est pas au début de la recherche du processus génocidaire mais à son terme

-         On n’étudie la dynamique spécifique de violence, c’est à dire non pas le quantitatif (qui pourrait dire à partir de combien de morts on pourrait parler de génocide ?)  mais on étudie la violence dans ses rapports quantitatifs et qualitatifs : qu’a-t-on voulu détruire, comment l’a t-on détruit, pourquoi on a voulu détruire et bien sûr quelle quantité on a détruit

-         Enfin, il ne faut pas négliger l’existence parfois du mélange des facteurs qualitatifs : détruire pour soumettre ou détruire pour éradiquer. Parfois les deux se conjuguent et la complexité de ces phénomènes doit être analysée ; Jacques Sémelin analyse avec rigueur les génocides du Rwanda et du Cambodge.

 

Cet article douloureux par son contenu est très intéressant à lire car il montre combien l’intelligence peut remonter le cours destructeur de la barbarie et par le sens qu’elle lui donne affirmer que l’homme pensant est toujours là, vigilant et non éradiqué. Vigilant et pouvant prévoir, empêcher la barbarie et lutter contre elle

 

Et donc continuer de penser et de lire, continuer de dire NON à la barbarie. Rien n’est inéluctable si nous pensons.

 

Je vous invite à consulter la bibliographie consécutive à l’article

 

J’écris, tu lis, il ou elle écrit ou lit, nous lisons, vous écrivez, ils ou elles continuent d’inventer la paix. MJC

 

 

 

 

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