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21 août 2009 5 21 /08 /août /2009 19:27

Cultures Sud et l’engagement au féminin (5)

 

Chemin d’écriture Véronique Tadjo

 

Véronique Tadjo est poète, romancière et auteure de livres pour la jeunesse qu’elle illustre elle-même. Elle réside actuellement à Johannesburg où elle est le chef du département français à l’Université de Witwatersrand. Deux de ses ouvrages, l’Ombre d’Imana-Voyages jusqu’au bout du Rwanda (200O) et Reine Pokou-Concerto pour un sacrifice (2004), Grand prix d’Afrique noire, sont publiés par Actes Sud

 

Photo :

Elle a des cheveux très courts coiffés en arrière, un large regard ouvert sur le monde et un large sourire ouvert sur gens. Elle est belle et intelligente.

 

Elle débute son article en nommant ses racines d’écriture : Baudelaire, Rimbaud et Prévert ; elle s’est nourrit dit-elle aussi de Shengor, Césaire, Damas et Birago Diop. Son écriture est née  de politique et de lyrisme et c’est par la poésie qu’elle a commencé à écrire puis elle s’est très vite lancée dans la prose poétique.

 

Pour elle, écrire c’est avoir les yeux ouverts sur le monde. Elle a vécu une expérience très féconde pour son écriture. : « Rwanda, écrire par devoir de mémoire. » En 1998 et 1999, elle est partie avec une douzaine d’écrivains écrire au Rwanda. La première partie de cette expérience fut constituée de contacts avec les Rwandais et la découverte des sites des génocides. La seconde fut centrée sur  les questions relatives à la nature humaine et l’ignorance que nous avons tous de notre propre moi ce qu’elle traduit par « Le Rwanda est en chacun de nous » et je ne peux m’empêcher de penser à « la banalité du mal » de Hannah Arendt. Elle a écrit des textes courts répondant à montre la multiplicité des situations. Elle a voulu faire entendre le pluriel des voix et l’universalité du Rwanda dans une mosaïque autonome où chaque voix est reliée aux autres.

 

Elle définit le territoire de la littérature comme bien distinct de l’histoire car la littérature introduit l’humain au centre de l’histoire.

 

Elle s’intéresse également à l’ethnie dans un double mouvement : celui des frontières poreuses et celui du concept d’Ivoirité où la Côté d’Ivoire prospéré de ses immigrants Burkina Faso, Mali, Guinée). Elle interroge là la question de l’identité et c’est ce qui l’a poussé à écrire Reine Pokou, Concerto pour un sacrifice.  Pokou sacrifie son fils et le père de celui-ci parce que le pouvoir l’exige. Elle perds alors son féminin et son sentiment maternel et à ce point Véronique interroge le terme de héros. Qui sont nos héros et méritent-ils toujours ce statut ?

 

Enfin, elle interroge la prise de risque que constitue la littérature qui se situe entre le désespoir d’une réalité insoutenable et l’espoir d’être entendue par l’écriture afin « de faire peau neuve. »

 

Dans la dernière partie de l’article, elle parle de sa littérature pour la jeunesse « Ayanda, la petite fille qui ne voulait pas grandir. » Son engagement est toujours le même : « comment parler de sujets brûlants ? » ;  elle est convaincue que cet engagement est le même pour les enfants comme pour les adultes. Le fond est le même, seule la forme change.

 

Ce  qu’elle cherche, c’est d’écrire au plus près de l’âme en proie à des violences terribles. Son regard, qui me plaît tant sur la photo est un regard ouvert sur l’âme et le monde. Prendre le temps de la découvrir. MJC

 

 

 

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Published by Marie-José Colet - dans femmes
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