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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 11:54

Donald W..Winnicott

Agressivité, culpabilité et réparation

Petite bibliothèque Payot et Rivages (2004)


L’absence de sentiment de culpabilité (3)

 

L’enjeu de ce chapitre est le suivant :

 

Comment l’enfant mature va-t-il se situer dans la communauté : avec une culpabilité qui lui permettra réparation et création ou sans culpabilité qui le fera dériver vers la délinquance ?

 

Winnicott reprend la question qui s’exprime ainsi : le sens moral est-il inné ou acquis. Il rejette l’inné et analyse la nature de l’acquis. Il précise une fois encore comme dans tous ses écrits que chaque enfant est unique, que la maman est sans cesse en évolution, « en vie » et qu’ainsi la relation mère-enfant est unique et en mouvement. C’est de cette unicité et de mouvement que naîtra le rapport de l’enfant à la communauté.

 

Se souvenir toujours que l’enfant grandit grâce à son renoncement à sa toute puissance grâce à une mère « suffisamment bonne » faisant évoluer l’enfant dans un environnement propice à l’instauration d’un sentiment de sécurité.

 

Se souvenir du sentiment de sollicitude de l’enfant pour sa mère lorsqu’il est en proie à la culpabilité d’avoir été trop impitoyable par une ambivalence amour / haine.

 

Ces deux séries d’observations posent en termes clair la notion de culpabilité. Il n’existe pas dit Winnicott des enfants sans culpabilité mais il existe des enfants à qui on n’a pas donné les moyens de bien gérer cette culpabilité et c’est l’échec de cette gestion qui entraîne l’absence apparente de culpabilité et l’asociabilité.

 

Winnicott met en place les repères essentiels pour aborder cette non-culpabilité apparente ou plutôt cet échec à la gérer. Une fois de plus il fait appel à Freud et à Mélanie Klein qui tous deux  mettent l’accent sur la création précoce d’un sur-moi qui signifient l’introjection des figures parentales. De la cohérence des parents va dépendre la mise en place de la gestion de la culpabilité

 et surtout le « BEÏNG » de l’enfant c'est-à-dire l’enfant pourra dire  «  comme je suis méchant ! » et s’arque bouter alors pour réparer et créer. Gérer sa culpabilité pour l’enfant signifie intégrer ses pulsions agressives pour les dépasser. Cela suppose une mère stable et un bon environnement qui permettra une intégration possible qui permettra à l’enfant, de façon très précoce, de se sentir responsable.

Lorsqu’un éducateur ou des parents est en présence d'un comportement asocial il est important qu’il retrouve la racine du dysfonctionnement qui n’a pas permis l’intégration des pulsions agressives.

Winnicott aborde aussi la notion de tricherie et de non-renoncement à l’intégrité du « beïng ." La première tricherie à accepter pour l’enfant c’est « d’accepter qu’il crée l’objet déjà là » et donc de renoncer à sa toute puissance pour accepter cette tricherie là. Winnicott dit que certains comportements délinquants viennent du fait que l’adolescent refuse de renoncer à son intégrité, refuse de « tricher «  avec lui-même et Winnicott finit son article dans un paradoxe souriant dont il a le secret :

 

Si vous voulez avoir une vie tranquille n’ayez pas d’enfants sinon envisagez sereinement de leur « apprendre à tricher !  avec leur toute puissance subjective ! »

 

J’aime cet article qui me fait souvenir de mon adolescence et de mes démêlés avec ma propre tricherie que j’ai tant de mal à accepter, même à 60 ans passés ! MJC

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Published by Marie-José Colet - dans Donald Woods Winnicott
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