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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 22:54

 

EXPOSITION DE PHOTOGRAPHIES : EXODUS

   SEBASTIO SEGALDO

         Prague, Masaryhovo Nabrezi.

L’exposition présente la saga de la famille à la fin de ce siècle au cours de laquelle des centaines de milliers de gens ont connu une rupture dans leur stabilité millénaire. Des communautés enracinées depuis un temps immémorial connurent alors l’exode. Sébastio Salgado, par son patient travail de photographe ouvre notre mémoire à l’exode tragique de ces êtres à la dérive de leur temps, de leur espace, de leur culture, de leur identité, de leur vie. Enumération douloureuse. Cette exposition photographie, nomme date, inventorie mais surtout reconnaît. Nous ne pouvons plus ne pas savoir. Cet exode devient le nôtre. Nous sommes concernés. Les identités assassinées nous traversent. Les chapitres de leur histoires s’impriment sur les nôtres et sur ceux de nos engagements.

Je regarde les photos, les unes après les autres ; mon regard et ma mémoire écrivent sur le mur, un livre.

 

LE LIVRE SUR LE MUR

 

 

INTRODUCTION

Ce qui oblige les gens à partir, c’est la misère et la guerre. CHAPITRE 1

 

Photos de migrants et réfugiés  : instincts de survie :

 

- Mexique 1998 : cité Hidalgo et  Tijuarana

- Les juifs russes 1997

- Les boats people 1995

- Indonésie 1995

- Hong Kong 1995

- Détroit de Gibraltar 1997

-Tarifa 1997

- Mellilla 1997

- Kaboul 1996

- Camp de réfugiés palestiniens : Tripoli, nord Liban 1998

- Irak, Kurdistan 1997

- Beharke 1997

- Turquie 1997

- Kosovo. Albanie 1999

- Serbie 1995

- Crjina 1995

- Zepa Bosnie 1995

- Kragina Croatie 1994

- Kuka Albanie 1999

- Bihac Croatie 1994

-  Bosnie Srebrenila 1995

 

 

CHAPITRE II

 

Photos de la tragédie africaine : un continent à la dérive.

 

- Soudan. Potaka 1993

- Soudan. Sud Soudan 1993

- Rwanda 1994

-Tanzanie. Banako 1994

- Zaïre. Goma 1994

- Burundi 1995

- Kisangani Zaîre 1997

- Victimes des mines Angola Kuito 1997

- Mozambique 1994

- Malawi 1994

 

CHAPITRE III

 

Photos de l’exode rural et du désordre urbain en Amérique Latine.

 

- Brésil , état de Rozaima 1998

- état Amazone. Brésil 1998

- Mexico. Etat Chiapas 1998

- Brésil. Etat de Para 1996

- Honduras.1998

 

CHAPITRE IV

 

Photos du nouveau visage du monde urbain en Asie. Départ des zones rurales d’Indes, de Philippines et Vietnam

 

- Hoa-Binh

- Philippine de Mandanao 1999

- Indes. Bihar 1997

- Bombay. Indes 1995

- Gakarta. Indonésie 1996

- Le Caire. Egypte 1997

 

CHAPITRE V

 

Photos d’enfants d’aujourd’hui, hommes et femmes du nouveau siècle. Presque deux cents photos  d’étonnants regards « universels. » Je me sens coupable.

 

Par de larges baies vitrées de la spacieuse salle d’exposition, j’aperçois la nuit sur les berges de la Vltava, j’aperçois dans les lumières de la ville des monuments assoupis et des maisons pragoises. A Prague, j’aime les contours ciselés des maisons , les formes arrondies des bâtisses. C’est poétique et très doux.. J’aperçois encore le fleuve qui coule sage et tranquille. Dans cet instant de paix, j’intériorise les visages de femmes, regards posés  sur leurs enfants, les nourrissant, les caressant, les hommes désoeuvrés, tristes, les enfants nous regardant en plein coeurs. Je revois le Rwanda assassiné, l’Inde surpeuplée, les trains bondés, Mexico mutilée, je revois enroulés dans  une même couverture quatre enfants noirs, je revois une vieille femme ridée tenant à la main une photo de son fils disparu, je revois tout ce qui a fait mal, tout  ce qui a fait pleuré, fait souffrir, fait mourir, ce qui a dévalisé l’homme, la femme, l’enfant du souffle de la vie. Désastres de la guerre et des famines, cruauté infinie des hommes,  nature ravagée, humanité surpeuplée, humanité détruite. Tel est le dur récit de ce livre sur le mur. Je l’ai lu dans la douceur d’une heure à Prague, en paix. Je l’ai lu et j’ai su une pesante minute de ma vie de femme ici, alors  qu’ailleurs le malheur... Et quelque chose d’inachevé est venu se loger dans mon être.

Je me  suis dirigée à nouveau vers le centre de l’exposition, j’ai demandé à une jeune visiteuse de me traduire une phrase de Sébastiao Salgado. Ensemble, nous avons recrée

« La seule chose qui dicte le choix de mon travail, c’est l’être humain. »

Empruntant les pas de Salgado, chaussant ses mots, j’ai pensé : « la seule chose qui dicte le choix de mon écriture c’est l’être humain » .  Ainsi s’acheva le temps du regard et du partage

Je me suis acheminée vers la sortie. Sur le grand livre d’or de l’exposition, j’ai écrit d’une main ferme :

« Il fallait que ce travail fut fait. Il a été fait. La vie peut continuer » et j’ai signé

 

Marie-José Colet

Prague.20.10.2001

 

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