Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 15:42

 

François VILLON                     François Villon       

 Poésies                                  Jean CASTELNAU

 Editions Tallandier 1942 251 p.         NRF Gallimard 255p   



Marie-José Colet à la manière de François Villon

 

                                     


La ballade du Mal-Renommé.



         Frères humains, qui après toi vivons

         N'avons les coeurs contre toi endurcis

         François des Loges ou François Moncorbier

         Ton nom incertain fut la première énigme

         Tu es né emprés Pontoise, à Paris

         Dans ton premier poème  tu l'écris.

         De signe de richesse, jamais tu ne possédas

         De bon pain souvent tu manquas.


         En ces temps, la guerre de cent ans

         Ravage les campagnes et les champs

         Moult maux écrasent les miséreux

         Pillages et destructions,

         Brasiers et bûchers

         Empourprent les ténèbres

         Le pauvre François, de toit n'a plus

         Il s'en va seul, par le sort lâché.


         Or, crimes et jouissances frénétiques

         Dans un même ciel apocalyptique

         d'un mortel partage

         Tous dépérissent, c'est la guerre !.

Arrière, anglais... Arrière

         La belle Jeanne sur son bûcher trépasse

         Du combat centenaire, les âmes sont lasses.


        

         François Moncorbier, tes plus jeunes années

         Furent le théâtre d'atroces misères

         Qui écrasèrent ces pauvres hères.

         Tes compagnons de jeux, de pauvres gueux.

         Tandis que le peuple démuni s'enfuit

         Toi, tu assistes à l'exode des hordes

         Une misérable vie du bonheur ferme l'huis

         Et dans le ciel aucun espoir ne luit.

 

La pauvreté écrit sur ton âme étonnée

De ta pauvre vie, la tragédie.

Les heures de ton enfance malmenée

Tressent à jamais ta détresse

Qui de vain répit ne te laisse.

Du monde cherchant l'oubli

Pour éclairer ta longue nuit

Du vin, tes vers tu remplis.

 

Toutefois, un havre tu connus,

Par un bon père tu fus aimé et reconnu.

Il s'appelait Maître Guillaume de Villon.

Près de lui, à Paris tu grandis

Rue Coupe-gorge  et Coupe-gueule

Rue Saint-Jacques et petit pont

Rue Quinquampoix et Saint-Jean-le Rond

D'une rive à l'autre, écolier tu devins.

 

Tu découvris les comment, on te dévoila les pourquoi

De l'univers tu connois toutes les lois.

En 1449, on te décerna le titre de bachelier des arts

En 1452, tu portas le bonnet de maître es-arts.

C'est alors, qu'on te nomma François Villon

A l'histoire et à la légende obscure tu naquis.

De longues épopées en vers tu racontas.

Villon, tu devins un mauvais garçon et même pis

 

Cabarets et auberges abritèrent tes nouveaux manuels

Mendiants, volant, pilant

D'une bataille des rues, tu sortis le plus fort.

Franc buveur tu devins et joyeuse vie tu menas.

Chopines et bon manger, jours et nuitées

Tes mauvais coups et tes vaines querelles

Des prisons te firent découvrir l'ennui mortel.

 

 

Mais, dans ta poésie tu vivais.

.De tes folles équipées tu te reposais

Tes chagrins, tes souffrances tu confiais

Ton oeuvre était de ton âme le refuge

Tes ballades, un abri pour ta muse.

Tu souffris mille douleurs

Mais tu les chassas avec ardeur.

Au rendez-vous de la vie, tu fus toujours à l'heure;

 

 

Ainsi, de longues années passèrent.

Du vin pour oublier, de l'encre pour raturer.

Tu te trouvas seul et ivre

Mais tu voulais vivre.

Alors, ta place tu trouvas chez les coquillards

Malfrats et paillards

Voyous et pillards

Et leurs vies tu décrivis.

 

Tu fus banni et rejeté,

Maintes fois au Châtelet enfermé

Puis libéré pour encore mendier

En compagnie de pèlerins endiablés.

Bons vins, bonnes chères

Belles dames et beaux vers

Feux de joie, le peuple danse

François Villon tu t'élances.

 

Te voici, en marge de la morale et du droit

En marge de toi-même et de la loi.

Ton génie puise ses racines dans la débauche

Ecrivant toujours, de quelques vers l'ébauche

Désespéré puis mécréant, tu devins

Dans les cabarets tu bois ton vin

Tu mendies ton pain, rue de Huchette

A la fameuse Pomme de Pin ou rue Saint-Séverin.

 

Dans les tavernes, dans les auberges

Tu connais des amours sans lendemain

Tu ris, joues et mignonnes.

Près des servantes, de Cupidon, du bon temps tu te donnes

La belle Gantière, Blanche La Savetière

Guillemette La Tapissière

L'hypocras coule à flot sur tes livres

De cannelle et gingembre, ta poésie s'enivre.

 

Dans de mauvais coups, tu te laisses saisir

Et de l'âme humaine, tu connais le pire

Riment alors avec tes rimes, tes légendaires crimes

Ta mémoire se charge d'effroyables souvenirs

François Villon, la potence te guette

De la mort tu deviens le poète

De la vie tu descends la pente

Du caveau, l'ombre te hante..

Le néant te fait frémir et pâlir

Tout passe, tout s'évanouit

Tout s 'effondre et décrépit

Le pis comme le meilleur

Les souffrances comme le bonheur.

Tes rimes tissent la vie et la mort

L'an et la chute

De tes vices tu n'es pas vainqueur.

 

Prisonnier du prévôt

La question tu connus

Et faillis être pendu.

A temps tu écrivis une ballade

A temps tu fus entendu

Et la Rédemption tu connus

Encore quelques années de poésie

Avant que ne s'achève ta jeune vie.

 

Du pauvre Villon, le testament tu écrivis.

A l'envoi, tu informes chacun

Qu'il boira "un trait" de bon gros vin rouge

Quand la mort de Villon

Sonnera le carillon.

Frères humains, qui après toi vivons

N'avons les coeurs contre toi endurcis

François des Loges ou François Moncorbier.

 

De la vie autant en emporte ly vent

Mais grâce à Dieu, de ta poésie

Le vent n'a point voulu

Et des outrages du temps

Tes vers furent épargnés

Dans nos âmes à l'abri, toujours on les lit

François Villon, ton éternelle poésie

A jamais chantera la vie.

 

 

  J'ai écrit ce poème en décembre 92 , il a été publié dans SCRIBANNE N°6/ JUIN 93

*

Partager cet article

Repost 0
Published by Marie-José Colet - dans Mon noyau de nuit et de lumière
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Inventeurs de lectures
  • Inventeurs de lectures
  • : recherches sur la lecture, les ateliers de lectures et partage de livres
  • Contact

Mes publications

telechargement.jpg


 



Recherche