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22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 11:05
La conversation amoureuse
Alice Ferney
Actes sud

Dans la chaleur de juin, une femme dans une robe légère, portant une écharpe de mousseline jaune désire en silence l’homme qui marche à ses côtés. L’homme en silence la désire. Elle s’appelle Pauline. Il s’appelle Gilles.  Ils sont mariés tous deux. Les années vont passer sur leur désir tremblant , sur leur désir puissant, sur leur désir fou. Histoire d’un sourire et d’un ravissement, histoire d’un couple aux racines des corps. De la fin du jour jusqu’à leur peut-être nuit sombre, sacrée, nimbée d’impossible dans le coeur des années qui bougent ou s’immobilisent dans le songe de leur vie. Il y a leurs enfants aussi. Lui, un garçon, elle, une fille. Il y a leur compagnon, Marc et Blanche. Quelque chose qui continue, quelque chose qui recommence, puis le ventre blanc et lisse de Pauline qui s’arrondit. Le désir s’enracine alors dans le lacis des mots, dans le quotidien des existences, dans la surprise des jours et des regards brûlants, dans l’inconnu des rencontres advenues quand les moment se nouent au temps d’aimer. Le feu et l’eau dans les quatre saisons de l’amour. Une terre qui s’embrase ou se calcine. Ils se fourvoient , se trouvent, jamais ne se retrouvent. Les femmes et les hommes sont deux cadrans différents et les aiguilles souvent ne tournent pas dans le même sens
D’autres couples viennent habiter cette conversation amoureuse, cette quête ancestrale de l’humanité, ce rendez-vous manqué toujours à inventer, à commencer, à recommencer de tremblements en certitudes, de dévoilements blancs en secrètes obscurités, de sourires en ondes douces, d’éclairs en tonnerres, dans la foudre du malentendu et des larmes. Alice Ferney, dans le quotidien et l’extraordinaire, dans le silence et dans le fracas raconte l’amour et nous la suivons  comme si nous ne savions rien des hommes et des femmes, de nous et de l’autre, de celui-ci tellement amoureux, de ceux-là qui divorcent, de celle la qui pour plaire enfile sa plus jolie robe, de ceux-là qui parlent sport, de celle là qui,  le visage bouffie boit dans la solitude du couple, de toutes celles qui parlent des heures entières, confidentes jusqu’au rire de leurs âmes amies.. Tom, Louise, Sarah, Max, Eve, Mélusine, Pénélope,  Marie, Jean et leurs enfants à tous à peine nommés mais si présents. Des maternités impossibles aussi. Stérilité douloureuse et fragilisante. Tous conversent l’amour et habitent nos coeurs  dans le crépuscule de nos amours couchants, dans l’aube de nos amours naissants. Une conversation amoureuse qui se fait manège lent ou rapide selon nos propres balbutiements, selon nos propres amours sereins et tourmentés, selon nos corps qui s’étreignent et s’enlacent, se donnent ou se dénouent, selon nos « je t’aime » conjugués à tous les temps, à tous les modes du possible et de l’impossible , un manège qui tourne dans le rythme des pages d’Alice Ferney, au rythme du foisonnement de ses mots, toujours poésie et mystère. Un style travaillé, ciselé, parfait. Le pur plaisir de l’écriture, le pur plaisir de lire.

Dans le temps des dernière lignes, l’auteur dit ce qu’il faut dire pour qu’enfin nous vivions, pour qu’enfin nous continuions d’habiter ce manège malgré la différence et les malentendus, la fin et les débuts, malgré les silences, les cris et les chuchotements, malgré la si parfaite solitude que d’être homme, que d’être femme dans la différence de l’autre, de temps en temps, tout le temps, à tout jamais. C’est comme ça depuis toujours et pour toujours. Alors Alice Ferney nous dit avec sagesse, avec tendresse qu’aimer n’est pas capturer mais peut-être bien tenir une promesse : rendre l’autre nécessaire, lui dire dans le chaque jour des mots tus et dits, lui dire le besoins qu’on a de lui ou d’elle, de son existence, pour toujours et pour la vie :  Un joli toujours que cet amour là.

J’ai aimé ce livre et en le lisant mon coeur battait  d’amou
Bonne lecture !

Marie-José Colet.

Montauban le 10 août 03

 

P.S d’Alice Ferney , j’ai lu aussi et beaucoup aimé L’élégance des veuves  et Grâce et dénuement. Je n’ai pas encore lu Le ventre de la fée mais le titre me plaît.

 

 

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Published by Marie-José Colet - dans Mon noyau de nuit et de lumière
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