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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 16:45

Hier, le 5 juin 2009, j’ai écrit une note sur le livre de Charles Gardou « Pascal, Frida Khalo et les autres (voir catégorie Force et vulnérabilité.)

 

Chemin faisant, j'ai avancé dans ce que je cherchais depuis longtemps dans la patience de mes livres et notamment dans ma lecture récente de deux biographies de Winnicott.

 

 Il ne faut pas confondre force et force vitale.

 

La force appartient à ce que Winnicott appelle le faux self souvent (pas toujours)  mal géré. Elle exprime souvent (pas toujours) des pulsions agressives et des rivalités destructrices. Ce sont celles exigées de nos jours dans le monde du travail et dont les principaux porteurs sont ceux qu’on aime appeler « Les battants » c’est à dire non ceux qui se battent mais ceux qui battent, qui cognent le rival de façon primitive. Quand le monde du travail se fait stress, coercition, répétition de tâches linéaires, mortifères, compétitives, dans l’appât du gain et de la grise visibilité, quand le monde du travail s’évide de son sens : un travail qui serait solidarité de l’humain. Quand le monde du travail se fait enfer destructeur.

 

La force vitale appartient au vrai self du côté de la création qui surgit de la destructivité nécessairement intégrée au sentiment d'exister et à celui de notre durabilité qui inscrit notre  vie dans l’œuvre de l’humanité pour reprendre les mots d’Hannah Arendt et ce grâce à une mère aimante et ferme mais surtout grâce à un bon environnement (environnement affectueux et intelligent des créateurs.) Il serait intéressant de réfléchir sur le rôle joué par l'environnement  de ceux qui ont tant souffert, tant crée, tant donné. Ils ont tant donné sans doute parce qu'ils ont tant reçu. Je pense à Dostoïevski et à sa femme, à Schumann et à sa femme, à Bousquet et à ses amis, à Helen Keller et à son professeur, à Pascal et à sa soeur et je crois ainsi  rejoindre Winnicott, Françoise Dolto, Cyrulnik et quelques autres...

 

Je veux signifier encore que par créateurs, je n’entends pas que les artistes mais aussi tous ceux qui sont sujets de leur création sociale, notamment les chercheurs et ceux que j’appelle Les inventeurs. Les inventeurs d’un monde presque meilleurs, les inventeurs de relations d’amour et d’empathie, les inventeurs de techniques novatrices et généreuses, les inventeurs qui dans tous les domaines luttent pied à pied contre toutes formes de destruction du corps ou de la planète mais surtout de destruction des âmes et de l’esprit.

 

Permettre à ces inventeurs d’être dans la durabilité de leur identité reconnue par d’autres qui comme eux inventent et créent dans le feu vaincu de Thanatos, dans l’ombre bienfaisante d’Eros, c’est sans cesse s’acharner, oui c’est cela, s’acharner à créer du meilleur environnement, du Holding comme dirait Winnicott, c’est à dire un cadre bienfaisant à l’humain. Et une des arcanes de ce cadre est politique. Il faut de l’argent pour créer, quel que soit le domaine de création élaborée.

 

Créer, maintenir la vie et perdurer l’élan vital de chacun et de tous coûte cher tant en amour qu’en argent. 

 

 La dette est un  collier de pierres précieuses, un collier qui fait le tour de la terre et des mers, parce que chaque être humain à la naissance est une promesse de recommencement de l’humanité, une promesse de recommencement du possible et des soleils,  une promesse de solidarité entre tous.

 

Mais certains sont plus vulnérables que d’autres, certains pour survivre doivent faire surgir de leur enfer la flamme invincible de leur élan vital sinon leur handicap leur serait fatal. Alors ceux là paient  plus cher que d’autres  pour être vivant, donnent plus que d’autres par leur persévérance à exister et à nous dire l’espoir du toujours possible. Qu’ils en soient remerciés. Qu’ils en soient aimés. Qu’ils en soient respectés mais surtout qu’il en soient reconnus. Notre dette, auprès de tous ceux là militants du possible et de l’espoir est immense. J’aimerai tant pouvoir changer cette phrase : il faut aider les personnes en situations de handicap. Non la question n’est pas là, il faut, à mon avis avec eux, dans le mouvement de nos élans vitaux à tous, vulnérables et moins vulnérables PARTAGER LA DETTE IMMENSE d’être vivants ensemble, la partager dans le politique et l’économique comme dans le psychique. Partager nos perles, ensemble faire nos colliers et de diamants en diamants retrouvés, reconnus, caressés, admirés, aimés, continuer d’inventer un petit peu l’humanité dans le temps d’une grande solidarité, dans le temps de tous.

 

MJC

 

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Published by Marie-José Colet - dans Force et vulnérabilité
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