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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 17:12

6 juillet 2002-

 

Fin août, nous avions le projet d’aller passer une semaine à Bath, dans le pays de Jane Austen. Nous l’aimions beaucoup toutes les deux. Je ne sais plus pourquoi, mais nous l’aimions et nous avions envie de faire ce voyage ensemble. Nous n’y croyons pas vraiment, à cause de ta maladie. Mais nous en parlions. Un projet très doux, comme une caresse. Nous caressions le projet. Il y a peu de temps, chacune chez soi, nous avions vu le film à la télévision « Raison et sentiments ». A la fin du film, nous nous étions téléphoné. Nous étions enthousiastes et nous avions dit « surtout, on oubliera pas les K.WAYS ! J’entends ton rire, je ressens encore, le pincement au cœur qui m’étreignait. Lors de ta dernière hospitalisation, nous n’avons pas parlé de Jane Austen. Le projet était endolori. Tu n’as pas dit et moi non plus « Nous irons l’année prochaine ». Aujourd’hui, je suis seule avec Jane Austen. De ma bibliothèque, j’ai sorti les deux tomes en 10.18 « Mansfield Park ». Je ne les ai jamais lus. Je vais les découvrir dans le temps du voyage que nous devions faire. Jane Austen, ne t’accompagnait pas dans ton dernier voyage. Il était dans le silence de ton avenir barré.

 

Mansfield Park

10.18 n° 1675 et 1676

Christian Bourgois Editeur

 

C’est l’histoire de trois sœurs. La première fait un très riche mariage. Elle épouse Thomas Bertram de Mansfield Park. La deuxième épouse un révérend et s’appelle alors Madame Norris. La troisième contracte une mésalliance avec un officier de marine « léger » et devient alors Madame Price. Les trois sœurs restent un temps fâchées, mais les années passant, elles font la paix. Madame Price, mère de 9 enfants, écrit une lettre de détresse à ses sœurs qui lui proposent d’accueillir sa fille aînée Fanny, pour lui donner une belle éducation. Fanny a dix ans. Elle arrive donc dans la famille Bertram et découvre ses cousins et cousines. Elle est très malheureuse, ses frères et sœurs lui manquent cruellement surtout son frère William qui était son meilleur compagnon de jeu. Comme toi, ma sœur chérie.

 

 

J’aime beaucoup ce passage et je l’ai relu plusieurs fois. Il dit l’ami consolateur, il dit une possible consolation. C’est un morceau de voile de vie très léger, subtil, délicat. Aimer un seul être et on peut tout affronter.  Pour moi, Jane Austen, c’est cela. L’amour subtil dans la douceur du temps.

 

J’ai lu tous les romans de Jane Austen.

 

 

 

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Published by Marie-José Colet - dans Mon noyau de nuit et de lumière
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