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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 14:45

 

 

 

Adam Phillips Winnicott ou le choix de la solitude

Edition de l’Olivier penser/rêver 267 pages

 

 

Ce que j’ai lu d’essentiel dans le chapitre IV intitulé  « Le self entre apparence et apparition » :

 

1.Processus

Cet espace du chapitre insiste sur un point très important : le bon sein n’est pas le sein qui tombe « tout prêt dans la bouche de l’enfant », celui qui nourrit comme chez Mélanie Klein mais celui qui établit un rapport, un lien entre la mère et son nourrisson. Le bon sein s’inscrit dans un processus qui se développe dans le couple de la tétée. C’est ce qui fait dire si souvent à Winnicott que « le bébé n’existe pas » il n’existe qu’apparenté à sa maman ou à sa nourrice. Le bon sein est créé par l’enfant qui sait le retrouver et par la maman qui sait donner « l’illusion » à l’enfant qu’il l’a trouvé alors qu’il était déjà. C’est un des paradoxes essentiels de Winnicott qui instaure dans un même processus : la créativité de l’enfant qui ne peut exister que grâce à la préoccupation maternelle primaire. Il y a un mouvement entre la mère et l’enfant et on est loin du concept du bon sein nourricier que la mère tient immobile dans sa main pour nourrir l’enfant. Ce mouvement entre créativité de l’enfant et préoccupation maternelle se fait dans un processus naturel que le psychanalyste attentif doive aider à révéler à la mère comme à l’enfant en cas de difficultés

 

Ceci est important car Winnicott parle de création primaire dès le plus jeune âge alors que pour Mélanie Klein la création est secondaire, elle vient là comme réparation après les pulsions destructrices primaires quant à Freud la création s’inscrit encore plus tard, dans le temps de la sublimation possible dans le temps des identifications oedipiennes.

 

2. Usages de l’agressivité


Selon Winnicott l’enfant dispose de forces pulsionnelles différentes : érotiques et d’agressivité non modifiée par la relation avec la mère. Puis viendra le temps de la résistance de la mère à cette agressivité qui permettra à l’enfant de fusionner  les deux catégories pulsionnelles différentes : érotiques et agressives et qui ainsi permettra l’intégration des pulsions agressives dans un rôle constitutif d’identité.

 

Ce que Mélanie Klein appelle position dépressive  (l’enfant reconnaît sa mère comme entière et a peur de l’avoir détruite quand elle est absente) Winnicott l’appelle « stade de l’implication. L’enfant s’implique dans la disparition de la mère.

 

a). expérience pulsionnelle

b). acception de la responsabilité par l’enfant d’où sa culpabilité

c). Perlaboration

d) geste réparateur avéré.

 

Et ce, dans d’innombrables répétitions circulaires qui reposent sur la réceptivité de la mère ce que Mélanie Klein n’a jamais décrit puisqu’elle parle et situe le bébé hors couple de la tétée.

 

Ceci est décrit dans « De la pédiatrie à la psychanalyse » (Note d’Adam Phillips)

 

Par la distinction pulsions à source érotique et pulsions à source agressive (le mot source est très important) Winnicott introduit une deuxième distinction « entendue » chez ses patients, la notion de vécu vrai (pulsions à source agressive), la notion de vécu faux (pulsion à source érotique) et ce quand il y a encore dissociation des deux. Par vrai, le patient signifie, quelque chose qui résiste au pouvoir et donc qui exclue le risque de soumission et de conformité.

 

Une des hypothèses de Winnicott est que la vie se scinde très vite en deux forces : une agressive née de l’opposition et la force érotique née de la complémentarité. C’est par la composante agressive dit Winnicott que quelque chose se découvre de la réalité avec les autres, de la différence possible à reconnaître et à être reconnue.

 

La personnalité selon W comporte trois parties :

 

- self avec fusion des deux composantes érotiques et agressives

self entièrement constitué de pulsions érotiques au risque de perte de la réalité

Self avec composante exclusive  d‘agressivité : l’ impitoyable apporte la réalité et la relation avec les autres. Il dit aussi que la créativité est liée à la capacité d’être impitoyable mais bien sûr dans le cadre d’un bon environnement grâce auquel l’enfant pourra acquérir cette capacité par une résistance progressive et la perte tout aussi progressive de l’illusion primaire.

 

C’est à ce point qu’arrive l’objet transitionnel.

 

3. L’objet transitionnel

 

  Et là encore ce serait une erreur d’imaginer le doudou comme un objet fixe apaisant, c’est une fois encore une histoire, de processus, de lien, de pont, de passerelle entre l’intérieur et l’extérieur. Le doudou est un pont entre l’illusion et le renoncement à l’illusion. Winnicott parle de phénomène transitionnel, d’aire intermédiaire, de processus. On est toujours dans le mouvement, dans la dynamique, dans le couple de la tétée. On est dans l’affection, la spontanéité, la diffusion. L’enfant, comme le patient va quelque part, va vers le monde, vers l’autre. Winnicotque les interprétations de  l’analyste sont des passeports. Ainsi lit Adam Phillips et c’est passionnant.

 

Un jour, dans le temps du toujours de ma recherche, j’approfondirai avec vous,  le livre de Michel Picard, La lecture comme jeu  et je réfléchirai sur les rapports qui me tiennent tant à cœur

 

entre doudou et livre,

entre livre et créativité

entre intermédiaire et aire culturelle,

entre auteur et maman,

entre lecteur et bébé,

entre le couple de la tétée et celui de lecteur/ écrivain,

entre le savoir et le lait,

entre apprendre et jouer,

entre lire et interpréter,

entre écouter lire et interpréter,

entre le lisant et le lire,

entre l’écrivant et l’écrivain

 

entre ma quête et ma perte,

entre ma perte et mon gain,

entre ma joie et mon regain

entre mes pleurs et mes chagrins

entre mes livres et mon manque

entre mes livres et mon avidité domptée

entre mes longues morts et mon éternité

entre mes vies disparues et mes vies revenues

entre mes figures et mes fugues contenues

entre mes rêves et mes trêves

entre mes fenêtres et mes portes ouvertes

entre mes orages et mes arcs-en-ciel


entre ma bibliothèque et les vôtres

 

Ainsi dans le temps de nos livres

Bébés nous serons

Le temps nous téterons !

 

Mais avant il nous faut beaucoup travailler ; je vous conseille de lire sagement les excellents numéros de Spirales, N°39, 43, (Erès) le dossier coordonné par Patrick Ben Soussan,( Erès) Les tout-petits et les livres, les recherches et livres de Marie Bonnafé dont je vous ai déjà parlée, les travaux de Dominique Rateau.

 

Je ne vous fais pas une bibliographie précise, à vous de chercher avec internet.

 

Je surfe, tu surfes, il ou elle surfe, nous surfons, vous surfez, ils ou elles surfent

 

Avant de nous quitter finissons le chapitre d’Adam Phillips

 

4. Mon besoin profond de parler aux mères :

 

mots-clé : capacité et continuité de l’être

 

La quête de Winnicott, sa mission : parler aux mères, parler avec les mères, dévoiler ce qui est déjà : le processus naturel du couple de la tétée. Travail de repérage plutôt que d’enseignement.

 

Passionnant et donc à suivre… (encore deux petits chapitres et je me lance dans la comparaison des deux « processus » de travail de F.Robert Rodman et Adam Phillips.

 

Patience !

 

 

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Published by Marie-José Colet - dans Donald Woods Winnicott
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