Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 14:17

Plongée dans la librairie  « Des livres et Vous » à Sarrant dans le Gers:

Consigne donnée par Marie-José :

Plongée de 20 minutes environ et choisir un livre et un seul pour les présenter aux autres.

Cette séquence a pour but de sensibiliser au rapport identitaire établi avec un livre de son choix.

Bien noter à chaque fois l’identité du livre. Ceci est important pour nos publics qui ont besoin de repères.

Cette plongée que nous avons fait là correspond à la séquence « Cadeau » dont je parlerai le 3ème jour

Cécile :

Le chemin de Jérusalem Yan GUILLOU Editions Agone Marginal. 1er volume d’une trilogie.

J’ai été attirée par la présence du terme Jérusalem dans le titre et par l’époque : le Moyen-âge dont j’aime les valeurs de tolérance et d’humanisme.

L’auteur est suédois est la Suède est un pays que j’ai toujours voulu visiter comme pays inconnu dont j’ai envie de connaître (lumière, espace, froid, neige...).

Jérusalem représente pour moi une quête spirituelle et religieuse et un questionnement sur mes racines judéo-chrétiennes.

J’aime aussi le côté saga, histoire d’une famille.

A l’origine j’avais une formation d’historienne et d’archéologue.

Intervention de Marie-José portant sur l’étude de Freud de l’histoire des familles et de ses patients souvent à partir de métaphores archéologiques et sur la pulsion de mort telle que Freud la traite dans Malaise de la civilisation : pulsion de mort contrebalancée par culture et création. Seul espoir de l’humanité ???

Marie-Noëlle :

Nur  de Arnaud RYKNER. (auteur toulousain) Edition Babel.

Ce qui m’a attiré c’est « l’objet ». J’ai aimé sa couverture, le titre, l’image, la peinture qui rappelle Ernest Pignon- Ernest. C’est l’histoire d’une rencontre entre un homme et une femme. Huis clos dans une ville d’orient en guerre.

Ecriture épurée. Me rappelle Marguerite Duras. L’histoire d’un amour impossible. Envie de plonger, côté passionnel, dialectique entre l’instant vécu, le réel et le côté impossible. Rapport au temps.

Intervention de Marie-José : le rapport à la lecture serait peut-être pour vous le rapport au temps.

Audrey :

livre documentaire : « Accompagner le vieillissement » Danielle Thiebaud ; Editions Chroniques sociales 2008.

Je connais déjà l’éditeur. Je pense acheter ce livre écrit par un psychothérapeute qui traite de la gestion des émotions. Je me sens très concernée parce que se rapporte à ma profession et à mon identité.

MJ Pourquoi avez-vous choisi cette profession , ?

A. J’ai toujours voulu aider les autres, depuis l’enfance. Je sais que ce n’est pas par hasard.

Pascale :

.La philosophie de la joie. Alexandre Jollien. Editions Textuel.

J’ai eu une attirance naturelle vers l’auteur et vers le titre. J’ai aimé le format du livre et la couverture rigide.

Jollien est un jeune philosophe dont le précédent livre est « Le métier de philosophe ». A la suite d’un accident, il est devenu handicapé.

Pascale cite un passage : joie, humanité, chemin de vie

Joie et humanité sont deux mots qui me parlent. C’est une réflexion sur le sens de l’existence qui veut donner du sens au monde, aux questions humaines dans un besoin de se repérer.

Le livre m’aide à parcourir un chemin de vie. Tout le monde devrait avoir la chance d’être convié au banquet du livre mais ce festin est réservé aux privilégiés alors qu’il devrait être accessible à tous. Je suis dans la recherche de la transmission parce que je sais que le livre m’a sauvé la vie. Je suis lectrice, bibliothécaire ; ce n’est pas par hasard. Mon ancrage identitaire et mon souhait de transmission ne sont pas le fruit du hasard.

Brigitte :

Paysages humain de Nazim Hikmet. Littérature étrangère .2002 (dernière livre entre les mains au signal de Marie-José.)

Difficile de choisir car il faut saisir l’instant. J’ai aimé le titre que j’ai trouvé beau. J’ai entendu parler de l’auteur par une personne d’origine turc.

L’auteur, Nazim Hikmet est un poète turc engagé. La couverture est en noir est blanc avec un côté vieillot sympathique. Livre de poésies

Marie-José :

Vous avez choisi ce livre à partir de l’écoute d’un autre. C’est un livre qui vous a été indiqué en atelier de lectures, qui vient de quelqu’un. Cette personne était heureuse de parler de son pays. Intimité. La lumière de l’autre a débordé

L’ancrage identitaire se signifie là dans la réception à l’autre dans l’ordre du temps. Temps de douceur.

Brigitte :

Ce temps ne me caractérise vraiment pas.

Marie-José :

Je ne sais si cela vous caractérise ou non mais l’instant où vous avez exposé ce livre était plein de douceur. On s’attache vite à un livre. C’est un lien.

Winnicott, disciple de Freud a travaillé sur l’enfance et sur les doudous. Il a montré leur lien avec la séparation de la mère. Les lecteurs vacants ont souvent d’importants problème avec l’ordre de la séparation, nos publics également. Dans le temps du deuil, ultime séparation, définitive séparation, les livres peuvent aider. Référence quant à moi à La femme en retard –le livre écrit-

Florence :

Stig Dagerman. « Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, Actes Sud, 2008. Auteur suédois qui s’est suicidé. Un déchirement existentiel amène le besoin de lire ; ce besoin de sens se confronte à ce que l’on ressent et signe un énorme manque à combler.

Un déchirement existentiel peut provoquer soit une boulimie de lecture, soit, au contraire une absence de lecture, un refus de lire.

Marie :

J’ai fait un certain parcours et je me suis arrêtée sur la littérature étrangère et j’ai vu ce livre.

Hannah Pool : La fille aux deux pères Editions Zoé.

C’est l’histoire d’une femme noire orpheline adoptée par un universitaire anglais. Elle retrouve sa famille 18 ans plus tard avec ce problème de l’adoption.

Cet histoire avec un nom sénégalais fait écho en moi et dans la recherche que j’ai moi-m^me fait de mes « pères ». Dieu (j’ai été élevée par des curés avec Dieu le père !), mon père sénégalais, mon père eurasien. Ce livre fait écho à mon histoires de fractures. J’aimerai écrire mon histoire, écrire un livre ; « ça renforce » (MJ Il aurait été intéressant que je pose la question « qu’est-ce que ça renforce.)

MJ : la lecture permet de symboliser son histoire, ses fractures par l’identification aux personnages. Pour Marie, lire pour trouver le père.

Marie acquiesce  : j’ai toujours eu besoin de lire des écrits d’hommes.

MJ Quand à moi je n’ai lu des livres de femmes qu’à partir de 50 ans et après la mort de ma mère ; maintenant je lis essentiellement des femmes. La lecture et l’écriture auraient-elles un sexe ? Je le pense !

Echange du groupe sur le fait suivant : il semblerait que nous symbolisons mieux notre souffrance ou nos joies, notre intime à partir des livres et l’on associe cela avec l’image de la mère consolante.

Le Partage de Gérard Privat auto édité. 2002 : les hommes qui ont confiance en l’homme affirment que « l’effort humain vers la clarté et le droit n’est jamais perdu. » (Jean Jaurès). Ce livre révèle que l’auteur a foi en l’humanité.

Inviter à construire : partager la lecture et l’humain.  Les ateliers sont du partage.

L’auteur n’est ni philosophe, ni économiste, ni théologien, ni physicien, ni historien, ni autres. Il n’est rien de tout cela sinon un voyageur dans les espaces parcourus. L’essentiel est pour lui, l’école de la vie, le seul cursus : la vie.

Réflexion du groupe sur ce thème :

A l’école de la vie : la maternité, la vieillesse, l’amour. Rien n’est acquis pour toujours. La vie c’est la diversité des regards. Autant de regards que de personnes. L’enrichissement vient du partage.

Colombe :

Le chêne,  l’arbre de la vie, le chêne arbre de Gascogne édité par Le vert en l’air. J’ai choisi ce livre par le cycle qu’il représente.

J’aime lire dans un bel endroit, dans un grand espace et avec du temps devant moi.

MJ Le cadre du livre, dans un espace temps particulier pour chacun. Voir le petit livre de Marcel Proust « La lecture ».

Le chêne me renvoie aussi à la notion de racines familiales et culturelles et au sens de la vie et des choses. L’arbre est le symbole de soi. Espace de recueillement, sécurisant, nourricier. Symbolique très forte.

Extrait d’une formation à Sarrant dans le Gers (Janvier 2008)

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Inventeurs de lectures
  • Inventeurs de lectures
  • : recherches sur la lecture, les ateliers de lectures et partage de livres
  • Contact

Mes publications

telechargement.jpg


 



Recherche