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19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 09:04

J’ai découvert Henri Michaux l’année du bac en 1967, j’avais 19 ans puis j’ai oublié. J’étais passionnément occupée par ma découverte de Marcel Proust.

 

Puis dans les années 199O, (mes notes ne sont pas datées)j’ai assisté au Musée Ingres à une conférence de Geneviève  Acquier. ;  ça m’a passionnée. Je retranscris les rapides notes que j’avais prises cette après-midi là

.

Notes prises pêle-mêle :

 

Paysage saharien : paysage intérieur. H M est tiraillé entre le passé et le futur. Il est exilé toujours du présent. Peintre réaliste : non

 

D’abord, il peint pour dénoncer combien nous sommes éloignés de l’harmonie mais avec délicatesse. L’harmonie est acquise par le dépassement d’une certaine violence.

 

1920-21 : Il a vingt ans. Il commence à écrire, embarqué dans la marine puis ramené à terre. Rien en perspective, dur conflit avec ses parents, rancune ancrée dans l’enfance. Il ne leur pardonne pas la difficulté qu’il a à communiquer. Il quitte la Belgique et arrive à Paris en 1923. Il découvre que sa détresse est la même que celle des autres intellectuels. Son malaise n’est pas extérieur mais au dedans. Il n’a aucune confiance dans la psychanalyse. C’est alors qu’il répond à l’appel du voyage, à l’appel de l’ailleurs.

 

Mes Propriétés, Plume : le visage de cet homme idéal qu’il recherche est loin de se préciser

 

Plume est un personnage toujours décalé dans la situation. Faut-il s’en prendre au spectacle qui manque de réalité ou à l’oeil qui ne sait pas voir ?

 

L’oeuvre de Michaux est une recherche. La progression seule compte et elle n’est possible que dans le pas accompli. La rencontre de Michaux avec l’Asie a modifié son rapport avec sa conscience.

 

De 1930 à 1984 que de chemin parcouru...

 

Proche de lui Artaud. Michaud demande à le voir.

 

Ma vie, Les Méfaits, Les Illuminations  déterminent Michaux à partir en Asie pour la satisfaction de se rendre compte sur place. La foule indienne, le monde est grand, large, plein de possibles. Soulagement.  Michaux observe partout cette présence du multiple. Population qui puise « large » pour comprendre le cosmos de nos savoirs.

 

Le Panthéon de l’Inde  est rempli de millions de Dieux et surtout de démons. L’asiatique paraît lui avoir fait le don de se relier à tout. Religion veut dire « relier »

 

Ce traité du jardin grand comme un grain de moutarde

 

Tout fait partie du tout. Ne rien transformer, ne rien domestiquer mais plutôt y participer.

 

Le chameau ou cheval d’Asie. Le cheval signe de l’énergie vitale.

 

Dans tous ses récits de voyage, le terme du regard est extrêmement important ; il se sent regardé, piégé et parfois aussi compris.

Le barbare en Asie : « il me regarde moi et ma destinée ». Regarder au fond de lui-même et à l’intérieur de lui-même.

 

Il préfère la peinture pour s’exprimer. Il peint beaucoup.

Son expression picturale est accumulation, comme une libération.

Peindre ou écrire devient un acte qui requiert le corps.

Respect pour l’écriture qui exprime à la fois celui qui voit et celui qui est vu.

 

Le multiple et l’un apparaisse et les possibilités de lectures sont multiples. Le papier est miroir de ses multiples

 

Lire Michaux c’est aussi apprendre librement.

 

Le rapport à la peinture chez Michaud est très important.

Peindre c’est être dans l’agir et en même temps se regarder peindre, change son rapport à la création, à la vie. La peinture a été pour Henri Michaux le moyen d’accepter que nous sommes transitoires : absent/présent comme tout ce qui nous entoure, comme une page d’écriture.  La peinture a été une matière étonnement réelle pour le poète.

 

Tout son travail le rapproche de l’Orient mais c’est à l’Occident que s’adresse son enseignement :

 

Le secret de Michaux : images et poèmes. Pictogrammes

 

Le secret de ces formes qui s’agitent entre elles et qui combinent quelque chose : je ne vous  dirai pas quoi !

Ainsi s’achève la conférence de Geneviève Acquier

 

Cet exposé m’a passionnée puis j’ai oublié, prise par mes années de chômage suivies par mes années d’une nouvelle activité professionnelle...

 

 Mai 2005 :  Une amie m’envoie par courrier un poème de « Premières impressions » et c’est le déferlement de la passion.

 

Relecture de Henri Michaux par René Bertelé. Poète d’aujourd’hui Seghers 1975

Lecture de Henri Michaux La poésie comme destin. Biographie de Robert Bréchon .

Editions Aden 2005

Magazine littéraire : Michaux, écrire et peindre. N°364 AVRIL 1998

 

Et aujourd’hui 9juillet 2005 : La vie dans les plis. Je lis tout au fond de mon lit et puis je me lève et je sais que je vais lire, travailler, étudier, approfondir, découvrir Henri Michaux, comme « j’ai cherché » Proust, Perec, Calvino, Durrell, Novarina... J’ai un nouveau père : Henri Michaux. (qui d’ailleurs par certaines lettres ressemble à Novarina, un je ne sais quoi...) C’est l’été. Henri Michaux va me porter,  cet été je vais l’emporter, il va me transporter... Quel bonheur que de lire !!! Sur ma terrasse et sur l’écran de mon ordinateur je pose un nouveau raccourci qui dira mon répertoire : « Henri Michaux ». L’icône : une toile de peinture parcourue par un crayon . Quel bonheur que d’écrire !!!

Et maintenant Marie-José au travail !

C’est ainsi que j’ai découvert, redécouvert Henri Michaux. Merci Geneviève.

Dimanche 9 juillet 2005

sur ma terrasse ombragée

 

 

 

 

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Published by Marie-José Colet - dans Mon noyau de nuit et de lumière
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