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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 18:26

Les crises dans lesquelles nous avons vécu depuis le début du siècle  nous enseignent qu’il n’y a plus de normes pour déterminer nos jugements et nos règles de pensées et cela constitue une réelle fracture du monde moderne et de sa mémoire, nous dit Françoise Collins dans son .très bel essai  dans le colloque POLITIQUE ET PENSEE  (Petite Bibliothèque Payot N°289 ) N’ÊTRE auquel je ne peux que vous encourager à vous référer plus longuement dans un souci d’approfondissement de mes propos.

 

La lumière du passé nous est confisquée et nous sommes condamnés à l’errance de la pensée. La Shoah nous a mutilés de nos repères moraux,  nous laissant seuls, abandonnés sur la plage d’une morale devenue impossible, dorénavant en ruines.Toutefois nous dit Hannah Arendt, la mémoire est promesse, toute naissance est promesse du recommencement possible. Il s’agit de réinventer les conditions du langage.

 

Et si une des conditions essentielles de réinventer le langage était la lecture, la culture ? Ne restons surtout pas rester dans le déni ou l’oubli de l’horreur mais  symbolisons la pleinement pour continuer de penser même si cela doit prendre plusieurs générations.

 

L’important c’est de penser nous dit Hannah Arendt, l’important c’est de savoir ce que nous faisons, l’important c’est du donner du sens à nos actes et à nos paroles. Ne pensons pas exclusivement dans  laboratoires de spécialistes mais pensons dans un espace ouvert à tous. La pensée doit appartenir à tous. On parle toujours des minimums de revenus pour vivre dignement. C’est bien. Mais nous devrions aussi penser le minimum d’une culture pour vivre également dignement, dans une parole reconnue par la communauté, un minimum culture qui empêcherait la banalité du mal qui toujours nous nourrit la bête immonde. Développer la nécessité d’apprendre à penser par soi-même non pour développer toujours plus d’individualisme mais pour engranger une plus-value de la parole qui ferait  inscription dans la communauté des hommes et qui donnerait tout son sens à la démocratie, son sens et son poids. L’homme ne serait plus superflu, allégé de son intelligence mais lourd de ses engagements nés d’une élaboration repérable. Hannah Arendt parle d’actes et de paroles inscrits dans une durabilité humaine mais pour que les actes et les paroles s’inscrivent dans la durabilité d’une oeuvre humaine il faut tout d’abord qu’ils s’inscrivent dans l’intelligence d’une pensée construite à partir d’un échange avec tous et c’est à ce prix que  penser, parler seront des actes novateurs et créateurs.

 

Voilà pourquoi, je m’entête dans mon utopie d’ateliers de lectures qui seraient des lieux de rencontres, de plaisir mais aussi de construction d’une pensée démocratique élaborée au sein d’un groupe.

 

Voilà pourquoi, je m’entête dans mon utopie d’ateliers de lectures comme invention au quotidien de lieux de citoyenneté, quand le groupe fait cité et démocratie, quand le groupe devient  lieu de paroles intelligentes parce que plurielles dans un espace public.

 

Voilà pourquoi, je m’entête dans mon utopie d’ateliers de lectures, comme invention possibles de lieux d’inscription de valeurs différentielles assurant la vie et le bouillonnement de l’intelligence de tous.

 

Voilà pourquoi, je m’entête dans mon utopie d’ateliers de lectures, comme invention possible de lieux de déploiement de fabrication (selon le terme d’Hannah Arendt) d’un monde plus humain, où chacun par sa présence et son écoute de l’autre, par la médiation des livres  puisse consoler de l’inconsolable. Ateliers creusés par les pensées de chacun, ateliers creusets de pensées.

 

Voilà pourquoi, je m’entête dans mon utopie d’ateliers de lectures, comme invention possible de lieux que j’habiterai avec mes amis lecteurs et avec ma famille que je vous présente, si vous le voulez bien :

 

Mon père est  Sigmund Freud par l’élaboration de l’autre scène.

Ma mère est H.annah Arendt par l’élaboration de sa co-naissance qui m’aide tant à connaître.

Mes frères sont Gandhi et Martin Luther King par leur élaboration de la non-violence.

Mon cousin germain est Marc-Alain Ouaknin par sa grande ouverture sur le savoir de tous.

 

Mes soeurs sont la longue liste de femmes qui ont élaboré la sororité dans la lutte politique

 

Les invités de ma famille, pour qui le couvert est toujours mis sont tous les opprimés de la terre, victimes des guerres, de toutes les guerres et à qui on a confisqué le bonheur pour cause de « causes immobiles et intransigeantes, pour cause de tolérance éteinte ».

 

Mes amis sont tous ceux qui reconnaissent  ma parenté.

 

Marie-José Colet

 

 

 

 

 

 

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Published by Marie-José Colet - dans Mon noyau de nuit et de lumière
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