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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 20:41

Je cherche et je ne trouve pas


Sur mon bureau : deux livres apparemment sans rapport et pourtant là, je sens un chemin commun à trouver que pour le moment je ne trouve pas. Ces deux livres sont :


-  Mon premier livre : F. Robert Rodman Winnicott, sa vie, son oeuvre aux Editions Erès 2008.


J’ai un curieux rapport à ce livre : j’ai beaucoup de mal à le lire et pourtant il me captive. Je ne veux pas renoncer à le comprendre. Il me semble receler un lourd trésor mais ce trésor est comme enfermé dans un coffre fort ancien aux fermetures d’or, avec presque un cadenas. J’ai du mal à le lire car il parle de haine, d’agressivité, d’illusions, de réparation, de sublimation. J’ai du mal avec toutes ses données et pourtant dans mes ateliers de lectures elles sont mon pain quotidien : ateliers de lectures comme autant de lieu de sublimation pour tous. Mais sublimation de quoi ? Sublimation comment ? Il faudrait quand même que je m’y mette à toutes ces notions que j’ai mille fois brassées, mille fois oubliées.  Mille fois retrouvées.


J’ai promis à Empan, une note de lecture sur ce livre et je tiendrais ma promesse non par ce que je suis esclave de ma parole mais parce que je sais que si j’arrive à dompter ce livre lourd de plus de ses 500 pages j’aurai dompté l’approche théorique de mes ateliers de lectures car c’est dans l’enfance que la terre de sublimation se fertilise ou non.


- Mon second livre : Sous la direction de Jacques Fijalkow, Les Enfants de la Shoah, les éditions de Paris Max Chaleil. Paris 2006. 283 pages.


Je l’ai emprunté à la médiathèque aujourd’hui, je l’achèterai ensuite. J’aime lire certains livres avant de les acheter. Je ne sais pas pourquoi. C’est ma façon de me familiariser un peu avec eux avant de les faire miens sans doute. Un peu comme avec les gens ;  on ne les invite pas chez soi d’emblée, on parle, on fait connaissance. Bref, j’ai ce livre sur mon bureau.


Comme toujours, je m’attarde sur la couverture : des enfants heureux autour d’une table de jardin, un arbre fleuri en arrière fond, une fenêtre aux volets fermés. Une photo sépia qui dit le souvenir.


Comme toujours, je m’attarde sur la quatrième de couverture et d’un paragraphe, j’extirpe l’idée que me taraude depuis toujours : pourquoi des enfants ayant connu la haine dès leur premier lait s’en sortent-ils souvent brillamment ? Pourquoi certains oui ? Pourquoi d’autres non ?


J’ai lu Freud, j’ai lu Françoise Dolto, j’ai lu Alice Miller, j’ai lu Mélanie Klein, je n’ai pas lu Anna Freud, j’ai lu Boris Cyrulnik. Je les tous lus et je les ais tous splendidement oubliés. Mais tous ces livres ont fait  empreinte dans mon intelligence laborieuse de chercheuse de terrain, ayant travaillé longtemps à l’écoute de l’existence des autres sans la médiation des livres au début, avec, ensuite et de nombreuses années.


Je sais que ce qui me taraude c’est la question si difficile de la sublimation, pierre angulaire de ma réflexion sur les ateliers de lectures. Nous sommes nombreux à inventer dans nos engagements de vie la sublimation pour nous et pour les autres.


Mais qu’est-ce sublimer ? Qu’est qui fait fleurir ou détruire la sublimation ?  Comment un enfant s’en sort-t-il d’un environnement si mauvais, si destructeur pour lui ? Où puise-t-il la force d’aimer ? Certains y sont  parvenus, y parviennent. Cela est certain.  Quand cela se produit dans le bonheur d’exister savent-ils eux même les ressorts de leur sauvetage ?


Une fois de plus, je vais faire une lecture croisée de deux ouvrages, un théorique,  l’autre de récits. Je n’oppose pas les deux car la théorie pure n’existe pas et la biographie de Winnicott en est un splendide exemple : tous ses travaux sont nés de sa vie comme pour tous les grands chercheurs. Le savoir est indissociablement lié à l’existence mais avec la distance justement de la sublimation.


 Une fois de plus ma pensée fait boucle. Il est donc temps que je m’arrête.


Je vous ai confié deux titres de livres sur lesquels viennent se nouer une fois encore ma question :


Comment se sort-on de la maladie de la vie quand elle emporte la haine ou le mal radical dès l’enfance ?


Je cherche. Pour le moment je ne trouve pas. Mais un jour je trouverai.


Je vous tiendrais au courant, c’est promis !


Marie-José Colet

Le 3 avril 2009





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