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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 19:25

Conversations autour d’Olympe

 

25 juillet 18h Maison du Peuple Montauban.


Dix personnes autour de la table pour faire vivre Olympe de Gouges.

Avec comme référence, lue ou pas par certains, les deux premiers textes introduits par René Merle.


Des idées émises par les uns et les autres, je retiens sept projets de livre parce que sept c’est toujours bien !


A) Olympe dit : « Ce peuple un jour brisera ses fers, et reprenant tous ses droits écrits dans les lois de la nature… » Que font là les lois de la nature ? Celles de Rousseau bien sûr, celles qui disent que la société a perverti la bonne nature humaine. Dans le livre, René Merle fait également référence aux idées rousseauistes d’Olympe. Faut-il programmer un livre sur : Rousseau et Olympe ?


B) Olympe dit : « Ce n’est pas sans doute, mes connaissances étendues et mon art d’écrire qu’on remarque ; mais le simple patriotisme qui fait seul le mérite de cet écrit. »


Est-ce de la modestie chez Olympe ? Pourquoi invoque-t-elle de manière répétitive un manque d’art d’écrire alors qu’elle écrit avec tant d’art ? Faut-il programmer un livre sur :  Olympe maître malgré elle de l’art d’écrire ?


C) Et sa référence permanente au patriotisme, comment l’articule-t-elle avec son idée du peuple.


René Merle note : « Quelle ambiguïté dans cet usage du mot « peuple » ! le mot coïncide à la fois avec le peuple (sociologique), partie non bourgeoise du Tiers-État, et le Peuple français, c’est-à-dire la Nation dont la patriote Olympe veut le salut. » Faut-il programmer un livre sur : Le peuple selon Olympe ?


D) Eduardo Galeano a dit quelque chose dernièrement sur Olympe de Gouges à la télé d’Andalousie. Faut-il programmer un livre sur :  Olympe et sa postérité en Amérique latine ? En attendant ce livre, vous aurez en exclusivité le texte en question du grand écrivain uruguayen et surtout un texte d’un auteur du Nicaragua.

E) Pourquoi Olympe se présente toujours comme le soutien d’aucun parti, était-elle solitaire ?


Faut-il programmer un livre sur :  La solitude volontaire d’Olympe ?


F) Question lancinante qui va ressurgir souvent dans le débat : à soutenir le roi, puis les personnes modérés de la Révolution, Olympe est-elle tout de même une révolutionnaire ? Dans ce cas je suis pour programmer un livre : Olympe change nos rapports à la Révolution bourgeoise.


G ) D’un texte à l’autre, à trois mois d’intervalle, on peut mesurer l’évolution importante des idées d’Olympe. Faut-il programmer un livre sur Continuités et discontinuités dans la pensée d’Olympe ?

 

Comme nous n’étions pas dans une assemblée universitaire à distribuer des thèses aux étudiants tout lecteur comprend que derrière ces questions d’histoire se trouvent des tonnes de questions présentes, que les participants voudraient contribuer à résoudre. Etrangement le premier souci d’Olympe c’est de résoudre la crise financière de l’Etat français. Ne tombons pas dans l’anachronisme mais avec cette crise en voilà une question qui dure ! Et la réponse avec : un impôt démocratique !


La France de la Révolution, plutôt que de créer un impôt sur le luxe demandé par Olympe a exproprié les richesses du clergé et de certains nobles pour les vendre aux bourgeois comme biens nationaux. D’ailleurs la propriété d’Olympe dans l’Oise après sa mort, a été vendue comme bien national ! Sa mort a résolu dans une moindre mesure la crise financière !


Mais l’Etat français n’a plus de biens nationaux à vendre ou presque ! J’attends tout de même la vente de la Tour Eiffel.


Plaisanterie mise à part, l’idée majeure qui veut que toute personne, y compris les femmes, puissent sérieusement participer à la vie politique a encore beaucoup de chemin à faire or elle me paraît la seule digne de notre humaine condition qui n’est pas donnée par la nature comme le pensait Olympe mais justement par la participation à la vie sociale. 26-03-2009 J-P Damaggio


J’assistais avec bonheur à cette réunion, comme j’assiste à chaque fois que je le peux aux rencontres organisées par Jean-Paul dans la grand Maison du Peuple de Montauban. Il dit avec l’humour qui est le sien qu’il les organise pour la gloire du conférencier. Non, ce n’est pas vrai Jean-Paul, tu les organises parce que tu partages avec moi l’idée d’une culture citoyenne, d’une culture égalitaire et même si à chaque fois nous nous comptons sur les doigts des deux mains, nous savons que nous mesurons l’EMPAN de notre espoir dans un monde meilleur où tous auront le droit à une culture, non d’élite, mais une culture démocratique. Nous le savons tous les grands mouvements de l’histoire ont toujours démarré par des obstinés qui se comptaient sur les doigts de la main. Toi, moi, Marie-France, Rita et quelques autres nous sommes de ceux-là et ça me suffit à vivre, à espérer, à inventer, à écrire, à créer.


Continue à organiser tes réunions, je continuerai à venir prendre des notes sur mon joli cahier à lignes car depuis l’enfance, j’ai l’amour des jolis cahiers à lignes et parce que sans écrire je ne mémorise rien !


Dans cette salle, à l’éclairage si triste, aux chaises en fer impitoyables pour nos dos, avec ses murs délavés et son carrelage mal lavé (il faudrait quand même un jour gueuler auprès de la municipalité de si maltraiter son peuple) nous inventons à chaque fois de jolies lectures.


Ce soir, là sur les tables en formica, tu avais posé sagement comme à chaque fois, quelques livres de notre édition La Brochure, édition courageuse entre toutes par ses choix sans compromis, par ses choix d’érudition, par ses choix qui racontent un Tarn-et-Garonne de résistance.


Ces livres, je les énumère pour les lecteurs des Inventeurs de lectures


- Olympe de Gouges, Ecrits politiques (Tome I et II) Editions Côté-femmes, 1993


Ces deux livres de 220 pages donnent l'ensemble des écrits politiques d'Olympe de Gouges avec chacun une introduction générale d'Olivier Blanc qui porte plus sur la vie d'Olympe que sur les événements et personnages évoqués par Olympe.


- Olympe de Gouges, Lettre au peuple et Remarques patriotiques avec introduction de René Merle et commentaires de Rita Pinot, Geneviève André-Acquier et Jean-Paul Damaggio, Editions La Brochure, 110 pages 10 euros

- Victor Hugo, Jean Bousquet un proscrit de Moissac et Louise Julien, postface de Jean-Paul Damaggio, Editions La Brochure, 80 pages 10 euros.

- Biographie de Flora Tristan (une autre grande figure féministe) par Eléonore Blanc ; Réédition d’un texte de1845 (5 EUROS)

 

Marie-José Colet


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