Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 07:55

 Cadeau !


Samedi  28 mars, je suis allée à une conférence

Ferenczi  avec Freud

L’enfant terrible de la psychanalyse


Le conférencier se nommait Michel Bousseyroux., psychanalyste à Toulouse, rédacteur en chef de la revue En-Je Lacanien.


Note importante :


Je m’excuse auprès du conférencier pour l’aspect morcelé de mes notes. C’est à ce prix du renoncement au splendide entier de son texte que j’ai  pu sauver des bribes de savoir qui viennent là enrichir mon capital existentiel et donc j’espère avoir son pardon pour l’imperfection qu’emporte mon travail qui toutefois demeure sincèrement admiratif.


J’admire, tu admires, il ou elle admire, nous admirons, vous admirez, ils ou elles admirent.



Conférence passionnante, vivante et surtout nous orientant vers de nouvelles lectures. En sortant, enthousiaste dans la rue, je me savais avoir le désir l’immense correspondance de Freud et Ferenczi mais je me savais aussi dans la nécessité de suspendre mon désir. J’ai tant et tant à lire !


J’ai travaillé dur toute la journée et je n’ai pas le temps de faire une synthèse intelligente de cette conférence. Alors, je vous livre dans le pêle-mêle de mes notes de ce jour, les étincelles si brillantes de cette conférence. Il vous restera à rassembler mes bribes et à reconstituer dans un mouvement actif de votre pensée, l’ensemble.


Ferenczi, Président de l’Association psychanalytique hongroise.


Réfléchir sur ce qui fait tenir littérature et psychanalyse qui restent cependant distincts.


Au passage, j’apprends que je ne sais absolument rien sur la littérature hongroise et déjà j’ai envie de chercher de côté là... Lecture ! Lecture ! Quête infinie du monde et de son histoire  !


Ferenczi montre un grand intérêt pour la Hongrie et tout particulièrement pour Budapest.


Ferenczi, passeur de Freud


Qui était Ferenczi Sandor  qui plaçait toujours son nom avant son prénom ?


Non, décidément, je suis trop fatiguée ce soir... Je vous le dirai demain !



  Ferenczi Sandor (2)


Sandor était le préféré du père.


Ainsi, le fut-il dans le transfert d’une psychanalyse infinie.


Enfant chéri et enfant terrible de la psychanalyse il fut le grand vizir d’une psychanalyse en extension. Il aura été le correspondant permanent de Freud avec qui il échangeât jusqu’à sa mort le nombre impressionnant de 1236 lettres.


Ce fut un très grand théoricien de la notion de transfert. On lui adressa des psychotiques pour lesquels il s’ingénia à manoeuvrer autrement le transfert auquel, il s’offrait nous dit Michel Bousseyroux dans une image généreuse,  « la poitrine nue, à coeur ouvert, assoiffée de sincérité. »


Le père de Sandor Ferenczi était libraire. Comme tel, il organisait de nombreux concerts et salons littéraires. Il était aussi imprimeur et changeât son nom juif (que je n’ai pas eu le temps de noter) en FERENCZI.


Il est né en 1873. Freud avait alors 17 ans..


Ferenczi habita d’abord à Pest avant de s’installer dans la maison de ses rêves.


Sandor était le préféré de son père, mort trop tôt quand il avait 15 ans et connu trop de sévérité de sa mère et il en souffrit. C’est cette frustration qui revient là dans la scène du transfert, que Michel Bousseyroux  définit ainsi pour plus de clarté :


Transfert : lien affectif qui s’instaure avec le psychanalyste. ( J’aime bien cette définition simple mais j’ajouterai malgré tout : « qui  dans la répétition d’une relation affective de l’enfance).


Adolescent, il écrit des poèmes et il fait ses études à Vienne. Il découvre les travaux de Freud et de Breuer.


En 1904 il est expert des tribunaux et se lie avec tous les mouvements littéraires d’avant-gardes et les cercles progressistes médicaux « Thérapie », se lie également avec une femme homosexuelle (dont je n’ai pas eu le temps de noter le nom)


Ce n’est qu’en 1907, qu’il réalise la portée de l’interprétation des rêves.

Il rencontre Freud par Jung le 2 février 1808. Il a 34 ans. Ils deviennent très vite amis. Ferenczi commence toujours ses lettes par « Mon cher Professeur » et Freud par « Mon cher ami ». Freud reconnaîtra plus tard que Ferenczi  a eu son rôle dans l’élaboration de la psychanalyse.


Ferenczi élabora également l’association de psychanalyse (106 membres) , il fonda aussi le premier groupe hongrois de psychanalyse en mai 1913 (4 personnes) puis il est rejoint par des grandes figures de psychanalyse dont Michaël Balint, théoricien de l’amour primaire.


En 1916, Mélanie Klein fait une analyse avec Ferenczi (la seconde sera avec Karl Abraham)


Pendant la guerre, Ferenczi demande à Freud de l’analyser mais dans un premier temps il refuse pour des histoires sentimentales si embrouillées que je n’ai pu les noter !  Ce n’est que plus tard que Freud deviendra l’analyste de Ferenczi.


En 1924, la durée minimale pour devenir psychanalyste était 6 mois, puis en 1946 cette durée minimale passe à 4 ans.


Ferenczi est le premier psychanalyste qui réclamait une analyse obligatoire pour devenir psychanalyste.


En septembre 1918, il organise à Budapest en grande pompe, le 5e congrès  international de psychanalyse dont il devient le directeur. 200 étudiants signent une pétition pour que la psychanalyse fasse partie du cursus universitaire. Ferenczi obtient la première chaire de psychanalyse.


1919. Période de soutien politique à la psychanalyse


1920. Terreur blanche. Le poste de Ferenczi est alors supprimé. Il est exclu de l’ordre des médecins.


Mars 1944 :  Interdiction et persécutions des psychanalyste hongrois.


Ferenczi sort très insatisfait de sa psychanalyse finie mais non terminée avec Freud. (j’aime ce glissement propice à l’étude des termes « finie » et  « non terminée »)  Il reproche à Freud de ne lui avoir jamais donné l’occasion de finir son analyse et de pas avoir permis d’abréagir le transfert négatif qu’il vivait avec Freud. Par une interprétation de ce transfert. Ferenczi réclamait à Freud, dans un transfert primaire, de l’amour de la mère, or, Freud l’a dit à plusieurs reprises : il ne voulait être que le père et donc Ferenczi se heurtait à ce bout de machin truc, chose incompatible à dire et que Lacan à nommer petit a. (j’aime beaucoup cette définition simple et imagée de l’objet a).


Puis Michel Bousseyroux  présente avec brio et presque humour « La technique active » prônée par Ferenczi qui avait repéré chez ses patients certains tics, manies, postures qui venaient là se répéter dans les séances : il ordonnait alors au patient par une injonction déplaisante de faire quelque chose qui faisait conflit afin de faire surgir à la conscience les fantasmes masturbatoires associés à ces conduites et ainsi d’obtenir une levée du refoulement.


Dans une lettre du 15 février 1924, Freud dit que cette technique s’avère dangereuse pour les débutants parce que trop rapide sans commune mesure avec le temps qu’il a fallu pour que s’instaurent les symptômes mais il ajoute : « je m’incline devant l’expérience ».


En  1926, Ferenczi trouve sa technique trop rigide et il ajoute conseils sur relaxations et même transes et enfin abandonne.


Il se forge enfin une théorie du traumatisme infantile : il y aurait séduction de l’enfant par l’adulte puis désaveu de l’adulte, par exemple la mère culpabilisée nierait cette séduction et c’est ce désaveu qui se rejouerait dans le transfert.


En 1929, il reprend la question de la pulsion de mort quand l’enfant est mal accueilli. Il dit combien il est important d’entourer l’enfant à sa naissance qui n’a pas demander à naître, d’amour sinon la pulsion de mort peut avoir des effets gravissimes jusqu’à faire baisser la température du corps.


Ferenczi est taraudé par cette idée là : « comment ne pas brutaliser ses patients ? » Il faut que l’analyste fasse preuve d’une grande sincérité ce qui peut mener jusqu’à l’analyse mutuelle entre analysant et analyste. Il en arrive ainsi à prôner le contact physique entre les deux, tenir la main au patient et même l’embrasser.


Freud, dans une lettre du 13 décembre 1931 fit preuve à Ferenczi de sa désapprobation :


- contradiction avec sa théorie du traumatisme infantile de séduction par le parent


- problème des limites de cet engagement physique de l’analyste


Freud, pose dans cette lettre son rôle de père et réaffirme combien les satisfactions érotiques sont à refuser au patient.


Ferenczi attend 15 jours pour répondre à cette lettre du 13 décembre 1931,  chacun se sentant trahit par l’autre. Freud lui dit alors : « je ne crois pas que vous vous corrigerez »


22 mai 1933 il meurt. Deux mois avant, dans sa lettre du  2  mars 1933,  Ferenczi adjure Freud de chercher refuge en Angleterre, craignant pour lui les persécutions nazies, c’est dire témoignant jusqu’au bout de son attachement immense qu’il avait pour Freud.


Puis vient la dernière partie de la conférence de Michel Bousseyroux, moment où le conférencier fait preuve d’une éloquence émouvante révélant ainsi pleinement sa passion pour la correspondance Freud, Ferenczi. Quand à moi, j’aime passionnément quand le savoir fait passion, alors heureuse, j’ai abandonné ma prise de note et je me suis laissée emportée par la fougue de Michel Bousseyroux. :


Que s’est-il passé à Syracuse ?


Le grand sirocco soufflait  Les deux hommes se connaissait depuis deux ans, et dans un grand désir de parler à Ferenczi, Freud  l’avait invité à un séjour à Syracuse.


Et bien sûr, n’ayant pas pris de note, ma mémoire si peu coopérante comme toujours me trahit.


Freud cherchait et ne trouvait pas : il cherchait sur le cas Schreber, il cherchait sur sa rupture à Fliess , son premier confident, « son premier analyste », il cherchait du côté de la déception de cette amitié jusqu’à la rupture, il cherchait l’impossible vérité qui glissait entre ses associations d’homme, d’ami, de psychanalyste au travail, il cherchait, cherchait, cherchait tout en parlant avec Ferenczi et soudain il trouve : ce n’est pas celui des deux qu’il croyait qui avait rompu mais l’autre. La vérité entre Fliess et lui jaillissait dans un Euréka freudien bienfaisant, dans l’Euréka de la trouvaille si heureuse que tout analysant au travail un jour connaît ; l’Euréka de la psychanalyse est  une lumière dans le patient travail du divan. Et Freud ce jour là en fut inondé.


Pendant ce temps là, Ferenczi auprès de Freud cherchait la vérité de leur relation, cherchait une amitié sincère, toute nue, sans malentendu aucun, une vraie camaraderie personnelle dans une vraie franchise et à la place de cela il lui semblait que Freud le remettait encore et toujours dans une situation infantile et que la vérité entre eux est une fois de plus était impossible.


Tous deux cherchaient la vérité mais l’un entre Freud et lui et l’autre entre Freud et Fliess ; ça s’appelle malentendu, ça s’appelle temps différents du désir, ça s’appellent chagrin fait par l’autre, ça s’appelle vexation, ça s’appelle effondrement de la relation. Terriblement humain jusqu’au désastre parfois.. (Ce paragraphe dit mes associations d’idées, rêvant pendant que Michel Bousseyroux parle ; quand je n’ai pas de stylo, je rêve...)


J’aime la façon dont le conférencier commente la longue lettre de Ferenczi à Freud dans laquelle Sandor dit  son chagrin de la rencontre manquée à Syracuse, dans un glissement signifiant qui me plaît entre vérité et virilité, dans la description  de la confession de Ferenczi comme celle d’un homme en état de fermentation analytique. Une fois encore j’aime cette dernière expression.


J’ai aimé encore ayant repris mon stylo, dans le pêle-mêle trop rapide de mes notes, sur mon sage cahier d’auditrice en fermentation de savoir :


« La vérité si on la défie, elle se défile »


«  Avec la vérité, je m’embrouille pour trouver la voie du désir, c’est après la vérité que la cure me fait courir. »


Et moi, j’ajouterai : je cours parce que l’autre veut toujours me la voler !!!


Passionnant, tout ça.


Mais ce qui est certain, c’est qu’en sortant de la conférence, j’avais envie de lire les grands de la littérature hongroise dont je ne connais pas la première lettre et les 1236 lettres entre Freud et Ferenczi dont je ne connais pas le premier mot.. Puis, marchant dans ce Toulouse que j’aime tant, je me suis dit :


« Maintenant, Marie-José, tu te calmes » Et pour cela, j’ai décidé de vous faire ce cadeau.


Partager apaise ma soif inextinguible de savoir. Merci donc, d’avoir partagé avec moi cette conférence


Mais surtout merci à Michel Bousseyroux pour son érudition, sa fougue et son savoir de la salle qui buvait ses paroles.


Merci à l’association franco-hongroise, de l’avoir accueilli, de nous avoir accueillis dans ce si beau lieu, j’allais oublier de le dire, qu’est l’Hôtel  particulier d’ Assézat .et de son musée


Je vais au musée, tu vas au musée, il ou elle va au musée, nous allons au musée, vous allez au musée, ils ou elles va au musée.


A demain,

 

Marie-José Colet




Partager cet article

Repost 0
Published by Marie-José Colet - dans Mon noyau de nuit et de lumière
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Inventeurs de lectures
  • Inventeurs de lectures
  • : recherches sur la lecture, les ateliers de lectures et partage de livres
  • Contact

Mes publications

telechargement.jpg


 



Recherche