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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 11:34

 Cadeau !


10. Un livre de Blandine


L’ORDINAIRE DE LA FOLIE

Une infirmière engagée dans la psychiatrie

Blandine Ponet

Editions Eres 2006


En 2006 Blandine publiait ce livre et moi, j’écrivais cette note de lecture pour Empan. .Note non publiée je crois.


Dans La condition de l’homme moderne Hannah Arendt insiste sur la nécessité de penser ce qu’on fait. Ce que Blandine Ponet fait.


Elle pense ce que c’est d’écrire et de penser en psychiatrie. Elle pense ce qu’est de travailler, de labourer, de retrousser ses manches.

Elle pense ce qu’est d écouter dans les contours et détours du langage, quand l’autre, dissocié ne peut plus faire société, quand l’autre n’est plus dans le chaud commun de l’humain, quand l’autre a franchi la frontière de ce qui sépare et réunit.


Elle pense ce qu’il en devient de la place de chacun, soignant , de sa fonction et de son statut. Elle pense Jean Oury et elle s’applique à y être dans ce quotidien de la dissociation et de son soin.


.Elle pense le privé et le public en psychiatrie ; ça aurait plu à Hannah Arendt. Connexion  et complexité des savoirs chers à Edgar Morin.

 

Elle pense la difficulté du quotidien trop souvent forclos ; ça aurait plu à Freud, Lacan, Jacquard ; ça me plaît parce que c’est une écriture de femme, tout à la fois intuitive et rigoureuse dans ses concepts, une écriture profonde.


Elle pense l’intimité du travail soignant engagée avec celle des patients. Quand l’intimité se fait lien, circulation, transfert. Quand l’intimité transfère de la terre humaine de l’autre dissocié. La dissociation encore, toujours. Son objet.


Elle pense le savoir de l’autre, elle pense l’inconscient, elle écoute  avec son savoir et sa solitude le savoir de l’autre et sa solitude. Elle écoute, Rémi, Omar, Thomas, Victoire et d’autres encore. Elle écoute toujours, elle écoute quand ça dessine et quand ça écrit, elle écoute quand ça parle. Elle écoute jusqu’au fond de l’hébétude et du trauma : le suicide de l’autre. Elle travaille et pense son travail. Elle pense à ce qui fait dissociation et à ce qui peut faire société.


Elle pense l’ordinaire de la folie. Elle pense les impasses et les ponts, elle traverse de ses mots d’une rive à l’autre de la folie au  travail thérapeutique, elle pense du fulgurant au quotidien.

Elle pense la conjugaison espagnole et entre Ester et  Ser elle pense le mystère de l’ordinaire de la folie et de ses soins. C’est passionnant d’humanité. Merci Blandine Ponet.


Et ailleurs, dans un échange internaute, n’oublions pas la poésie que nous aimons toutes les deux et qui rappelle si bien le beau de l’humain, ce beau que nous défendons par nos luttes et par notre écriture, par nos engagements de femmes intellectuelles qui se jouent soit sur le terrain, soit comme le Baron perché du lieu de nos arbres, de nos livres, de notre écriture mais quelque soit le lieu choisi dans le temps du moment continuons d’épeler nos résistances et nos refus.

 A chaque jour sa peine, à chaque jour son  NON !


A nos livres ! Prêts ! Partons !


Marie-José Colet

23 février 2009

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Published by Marie-José Colet - dans Mon noyau de nuit et de lumière
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