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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 19:47

17 août 2011 : Cela fait 9 ans Béatrice que tu nous a quittés.

 

J’écrivais le jeudi 29 août 2002

Texte lu aux obsèques de Béatrice. Rien que d ‘écrire le mot « obsèques » me fait pleurer.  Mon cœur est une boule noire. Hier, j’ai acheté des vêtements noirs. Les couleurs me sont impossibles à porter.

 

Texte lu d’une voix claire et désespérée :

 

 C’est chez Montaigne que j’ai trouvé les mots qui disent ma peine.

 

« Si on me presse de dire pourquoi j’aimais Béatrice, je dirais –parce que c’était elle parce que c’était moi- »

 

Béatrice mon amie de toujours, je t’appelais ma jumelle.

 

Ensemble, nous avons partagé tant d’années et tant de tasses de thé...

 

Je  ne sais pas comment je vais avancer dans cet infini noir de ma tristesse

 

Aujourd’hui 17 août 2011, je sais que j’ai avancé dans ma tristesse ; la douleur ne me poignarde plus le cœur.

 

J’ai lu

j’ai écrit

j’ai vécu.

 

Le temps a tourné ses pages dans le fil de mes pas, dans le fil de mes jours. La douceur, le tendre souvenir ont supplanté la douleur. Comme c’est étrange !

 

« parce que c’était toi, parce que c’était moi »...

 

Cet été, j’ai acheté sur un marché breton,  une jolie théière mauve qui t’aurait plu et j’ai souri en l’achetant. Aujourd’hui, j’ai bu beaucoup de thé. Je ne savais pourquoi et soudain je sais

 

« parce que c’était toi, parce que c’était moi »...

 

Toute l’après-midi, j’ai lu Katherine Mansfield, et je ne savais pas pourquoi et soudain je sais

 

« Parce que c’était toi, parce que c’était moi »...

 

Je regarde ma grande salle à manger ancienne, si nouvelle à mon corps ; je sais que tu l’aurais aimée.

 

« Parce que c’était toi, ; parce que c’était moi »...

 

Ce matin, je me suis éveillée en pensant  : « c’est curieux je n’ai pas vu de coquelicot cet été ». C’est toi, mon amie qui m’a appris qu’il fallait cueillir les coquelicots fermés et qu’ils s’ouvraient dans l’eau. Je suis née aux coquelicots grâce à toi.

 

« Parce que c’était toi, parce que c’était moi »...

 

Tu serais venue avec moi, au colloque de Lacaune, écouter Les voyages de la mémoire les 17 et 18 septembre prochains car tu m’avais devancée sur le chemin de la Shoah. J’étais une amie si en retard sur ton savoir de la Thora... Je saurai penser à toi en les écoutant tous.

 

« Parce  que c’était toi, parce que c’était moi »...

 

Ton visage m’apparaît nimbé de lumière et terriblement net jusqu’au bout d’une longue fulgurance. Le souvenir fait lame de larmes et m’emporte si loin, si près de ma mémoire de toi, de nous...

 

Je me souviens de nos éclats de rire mais je n’entends plus ton rire. Je cherche, je cherche, je cherche, mais je l’ai perdu...

 

Je continuerai d’avancer dans la tristesse de ton rire perdu, à petits pas, à petits jours, cueillant  les coquelicots de mon écriture, de mes lectures, de ma vie. Les coquelicots de ton souvenir.  Le sais-tu, je suis grand-mère une seconde fois ? Il s’appelle Romain.

 

« Parce que c’était toi, parce que c’était moi »... Marie-José

 

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Published by Marie-José Annenkov - dans femmes
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